Samedi 29 août 2009
Le cas Badoer


"Look how bad you are"*, voilà comment le paddock a surnommé Luca Badoer. Cruel pour l'employé modèle de la Scuderia Ferrari, homme de l'ombre qui vient de se brûler les ailes en passant dans la lumière. Mais à l'origine, c'est surtout un énorme cafouillage de la part de l'écurie italienne.


Fin juillet, l'info enflamme les rédactions et les forums du monde entier : pour remplacer Felipe Massa blessé, Ferrari fait appel à Michael Schumacher. On disait le septuple champion du monde en disgrâce au sein de l'écurie italienne, où les contours de son rôle de conseiller technique n'ont jamais été très clairs et ses compétences en la matière pas franchement évidentes. Mais le Schumacher pilote, lui, conservait une cote immense au sein de la maison rouge. Le souvenir de sa chevauchée fantastique lors de sa dernière course au Brésil en 2006, ses remarquables chronos lors des sessions d'essais auxquelles il a participé en 2007 et 2008, autant d'éléments qui font penser à Luca di Montezemolo que Schumi est l'homme de la situation. Lorsque l'info est annoncée, Ferrari prend bien la peine de préciser que le come-back du "Baron Rouge" se fera sous réserve que son état de santé le permet, allusion aux conséquences de son accident de moto de l'hiver dernier. Mais qui (à part Fémin-F1) a réellement prêté attention à cette petite phrase qui ressemblait à une clause de pure forme ? On n'annonce pas une telle nouvelle sans s'être entouré de sérieuses garanties. Du moins le croyait-on, car une semaine plus tard, Schumacher, les cervicales en compote après plusieurs tests, doit renoncer à son retour. Comment dit-on mettre la charrue avant les boeufs en italien ?

Schumacher sur le carreau, et n'ayant visiblement aucune volonté de se tourner vers un pilote extérieur, Ferrari choisit alors Luca Badoer pour occuper le baquet de la "Rossa" n°3 à Valence. Marc Gené, qui sans être un foudre de guerre, semble plus "chaud" (il a remporté les 24h du Mans en juin dernier) aurait paru un choix plus opportun que le petit Italien, sevré de compétition depuis près de 10 ans. Sans doute la Scuderia a-t-elle voulu récompenser la fidélité du natif de Montebelluna, qui occupe le rôle ingrat de pilote d'essai depuis 1997. Peut-être également que Montezemolo, qui n'a de cesse d'essayer de prouver que la page de l'ère Todt est bel et bien tournée, a voulu prendre le contre-pied de la décision prise par le Français il y a 10 ans. A l'époque, Badoer, déjà pilote-essayeur de la Scuderia, semblait idéalement placer pour pallier l'indisponibilité de Schumacher, blessé à la jambe. Contre toute attente, Todt avait pourtant fait appel au Finlandais Mika Salo. Les raisons alors invoquées (Badoer était également titulaire chez Minardi et Todt disait ne pas vouloir priver une écurie amie de son pilote) n'avaient convaincu personne et ce choix avait surtout été perçu comme un énorme camouflet pour Badoer. Ce qui ressemble à une volonté de Montezemolo de réécrire l'histoire a tourné au fiasco et le cadeau fait à Badoer s'est avéré empoisonné. Complètement hors du rythme, multipliant les erreurs, il n'a réussi qu'à s'attirer les moqueries des observateurs. Triste.

Grand espoir du sport automobile suite à son titre de champion de F3000 en 1992, Badoer s'était ensuite perdu dans les écuries de fond de grille (Scuderia Italia, Forti, Minardi) mais avait su se reconstruire une image lors de ses 12 années de pilote essayeur chez Ferrari. Au même titre qu'un Todt, un Brawn ou un Byrne, son nom était indissociable des multiples titres mondiaux de la Scuderia. L'inconséquence de son employeur, qui n'a pas réalisé ce que signifiaient 10 années éloignées des grilles de départ, a balayé tout ça en un seul week-end. Les premiers tours de roue de Badoer à Spa confirmant la tendance, Ferrari se trouve à nouveau à l'heure de faire un choix. Fisichella ne pouvait pas trouver un meilleur moment pour se rappeler au bon souvenir de tous...


*"Look how bad you are" = "Regarde comme tu es mauvais"
Par Thibaut - Publié dans : Saison 2009
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Mardi 4 août 2009

Divorce pour fautes houleux

entre Nelson Piquet Jr et Renault


On le savait sur la sellette depuis un moment, Fémin-F1 avait fait son procès, le verdict de Renault est maintenant tombé : Nelson Piquet n'est plus un pilote de l'écurie française. Si cette nouvelle n'a rien d'étonnant, nous ne pouvons que déplorer les conditions de ce deuxième remerciement d'un pilote en cours de saison.

« Ce n’est pas trop tôt ! » Telle doit être la réaction de nombre de lecteurs assidus des sites F1 à l’annonce de l’éviction de Nelson Piquet Jr. Malmené dans la presse, par les fans et au sein de son équipe, le Brésilien a en effet annoncé hier que sa collaboration avec ING Renault F1 Team prenait fin avec effet immédiat. Ainsi, alors qu’on ne sait toujours pas si Renault sera au départ du Grand Prix de de Valence, une nouvelle question se pose maintenant : qui sera le nouveau coéquipier de Fernando Alonso ? La logique voudrait que Romain Grosjean prenne le baquet laissé vide, mais Flavio Briatore nous a déjà prouvé qu’il se moquait éperdument de la logique en ce qui concerne la gestion de ses pilotes. Entre Grosjean, Di Grassi ou un revenant sorti de sa casquette sponsor, qui sait ce que nous réserve l’Italien ?

Briatore, justement, est au centre du communiqué de son désormais ancien pilote. A la fois manager du pilote et team-manager de l'écurie, il cumule des casquettes parfois inconciliables... Une situation que dénonce son ex-pilote. Une critique sévère et sans retenue : Nelsinho vide son sac !

"Je me sens quelque peu soulagé de voir la fin de la pire période de ma carrière"

"Pour la saison 2009, Briatore, agissant une nouvelle fois comme mon manager et comme le directeur de l'écurie Renault F1, m'avait promis que tout serait différent, que j'aurais l'attention que je mérite mais que je n'avais jamais reçu et que je serais traité au moins à égalité au sein de l'équipe. [...]

Malheureusement, une nouvelle fois les promesses ne se sont pas concrétisées."

"Les conditions dans lesquelles j’ai du évolué ces deux dernières années ont été très étranges à dire vrai ; il y a eu des incidents que j’ai moi-même peine à croire. Si je dois à présent donner des explications, je suis certain que c'est en raison de la situation injuste dans laquelle je me suis trouvé ces deux dernières années. J'ai toujours cru qu'avoir un manager c’était faire partie d'une équipe et avoir un partenaire. Un manager est supposé vous encourager, vous soutenir, et vous fournir des opportunités. Dans mon cas, c'était l'opposé. Flavio Briatore a été mon bourreau."

Nul doute que les grincheux et les anti-Piquet y verront une décharge de haine, de rancœur et une façon de se dédouaner, mais dans toutes les critiques de Piquet à l’égard de son boss n’y a-t-il pas une part de vérité ?

Qu’importe maintenant ? - peut-on se demander. Peut-être rien sur le plan sportif, mais c’est important sur le plan humain. Si l’on s’est scandalisé – et à raison – de la façon dont Bourdais a été viré, on peut également être offusqué du traitement subi par Piquet pendant ces derniers mois. Le pilote n’est pas exempt de reproche, loin s’en faut, mais il est sûrement bien moins mauvais qu’on nous le laisse entendre et aurait mérité plus de respect. Comment ne pas voir le mépris d’une équipe pour son pilote quand le team manager quitte le circuit au milieu de la course parce que le seul pilote intéressant à ses yeux a abandonné ? La bassesse de Briatore n’est peut-être pas aussi sournoise que la bande-dessinée Toro Rosso, mais elle dépasse tout de même les limites de la dignité humaine !

Nelson Piquet Jr n’a jamais brillé en une saison et demie. C’est un fait que nul ne songerait à nier. Mais ainsi que nous avions essayé de le démontrer ici-même, en faisant son procès, il n’est pas si mauvais que cela. Nous n’allons pas refaire ici la liste de ses défauts et de ses qualités, mais juste nous attrister de voir un nouveau pilote remercié ainsi. Car si la F1 n'est ni "un repère de poète" ni un "jardin d'enfants", le respect et l'humanité ne devraient pas avoir disparus des allées du paddock !

Quant à l’avenir du pilote brésilien, pour l’instant rien ne permet de dire s’il rebondira en F1 ou dans une autre discipline. Des rumeurs font état d’une possible participation de Nelson Piquet Senior dans le rachat de BMW, avec à la clé une place pour son fils. Affaire à suivre... Et quoi qu'il arrive, nous espérons pour lui qu'il sera capable d'oublier l'aventure Renault F1 et de retrouver le niveau de performances qu'il avait lorsqu'il luttait avec Lewis Hamilton en GP2.
Par Marie - Publié dans : Saison 2009
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Mercredi 29 juillet 2009

Nouveau retrait et grand retour :

les « surprises » du jour

 

Nouvelle écurie sur le départ

 

Tempête dans le verre d’eau du petit monde de la F1 : ce matin, BMW a annoncé son retrait en fin de saison. Raison officiellement invoquée ? La crise économique et la nécessité de réévaluer ses investissements. Le motif laisse songeur si on se rappelle qu'il y a peu, BMW faisait partie des pourfendeurs du projet de "budget cap" voulu par Mosley. Comme dans le cas de Honda, la crise semble le prétexte idéal pour abandonner un projet ambitieux mais sportivement décevant. Annoncé comme l'un des favoris de la saison 2009, BMW pointe actuellement à une piteuse 8e place au championnat du monde des constructeurs.

 

Une annonce qui finalement n'a rien de bouleversant. La F1 a parfaitement survécu au départ de Honda, et grâce à l'arrivée de nouvelles écuries, semble prête à tourner la page des grands constructeurs.

Surprenante pour beaucoup, cette décision n'a pris de court ni la FIA ni la FOTA, qui a déjà annoncé son intention d’apporter son aide a l'écurie d'Hinwill pour qu'elle soit présente sur les grilles en 2010.

 

Les bonnes (?) nouvelles de la Scuderia

 

Les nouvelles concernant l’état de santé de Felipe sont chaque jour plus rassurantes : il parle, il a ouvert son œil gauche, il pose des questions sur ce qui s’est passé, il est même déçu car il pensait pouvoir gagner la course, etc. Aucune date de sortie n’est encore prévue à l’heure actuelle, et la durée de la convalescence reste inconnue. Comme tout grand sportif, il semble se remettre bien et vite, mais la prudence est de mise après un tel accident.


 

Dans le monde de la F1 en revanche, il faut toujours aller vite ! Massa à peine sorti du bloc, tout le monde avait son avis sur le nom de son remplaçant. Les jours derniers ont donc vu un déferlement de noms plus ou moins improbables : Villeneuve, Gené, Badoer, Fisichella, Bourdais, Schumacher, etc ! Et le suspense vient enfin d’être levé. La Scuderia a rappelé son plus bel atout : Michael Schumacher. Il se dit prêt et compte profiter des 3 semaines et demi à venir pour suivre un entrainement intense… Cela sera-t-il suffisant ? Des doutes circulent en effet sur la forme physique du septuple champion du monde allemand, qui n'a plus piloté de F1 depuis avril 2008 et sévèrement touché aux cervicales en février dernier dans une course de moto.


Réponse dans 3 semaines à Valence...

 

 

Par Thibaut, Cédric et Marie - Publié dans : Saison 2009
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