Filles et moteurs


Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /2010 00:00

Ladies, start your engine !

Revoir une femme en F1
*, tel est l’un des rêves de la rédaction de Femin-F1. Pour l’instant, ce n’est pas encore d’actualité, mais de l’autre côté de l’Atlantique, en IndyCar Series, la révolution sexuelle a déjà commencé.


Des femmes sur une grille de départ ? Quoi de plus habituel. Mini-jupes, shorts moulants, elles sont là pour porter drapeaux, panneaux, parapluies et surtout pour « faire beau ». Mais ce 14 mars 2010 à São Paulo, sur la grille de départ de la première manche de la saison 2010 d’IndyCar Series (la F1 à la sauce américaine) elles étaient quatre (Danica Patrick, Ana Beatriz, Simona De Silvestro et Milka Duno) à être vêtues de combinaisons ignifugées. Et pas pour décorer, mais bien pour en découdre sur la piste.


Quatre femmes au départ d’une course, c’est un record à ce niveau, mais ça n’a rien de véritablement surprenant, car cela s’inscrit dans le prolongement d’une tendance initiée depuis déjà près de 20 années en Amérique du Nord.


Sans revenir à la pionnière qu’était Janet Guthrie, première femme à prendre le départ des 500 Miles d’Indianapolis en 1977, c’est depuis 1992, et la première participation à l’Indy 500 de Lyn St-James (qui avait d’ailleurs été élue « rookie of the year »), que les femmes sont régulièrement présentes au plus haut niveau de la course automobile américaine. Lyn St-James participera à l’Indy 500 jusqu’en 2000, année où elle est relayée par Sarah Fisher, de 33 ans sa cadette. Ironiquement, les deux femmes s’accrocheront en course.
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Sarah Fisher en compagnie d'Hillary ClintonFigure populaire de l’IndyCar, Sarah Fisher n’est jamais parvenue, malgré quelques coups d’éclat (notamment une pole position en 2002), à percer sur le plan des résultats. Aujourd’hui, même si elle n’était pas présente à São Paulo, Sarah Fisher pilote toujours en IndyCar, mais c’est surtout derrière le muret des stands qu’elle tente d’accroître la place des femmes dans le sport automobile. Ainsi, la plus belle réussite de sa carrière est peut-être bien la création de sa propre écurie d’IndyCar, le Sarah Fisher Racing. Cette structure modeste fondée début 2008 gagne en importance chaque saison. Pas un mince exploit quand on connaît l’état de santé des courses de monoplace aux Etats-Unis.


Danica PatrickDans l’histoire des femmes pilotes aux Etats-Unis, le grand tournant a lieu au mois de mai 2005 avec la soudaine émergence de Danica Patrick, dont les performances en piste, auxquelles s’ajoute une plastique de rêve, déclenchent une véritable tornade médiatique. Six ans plus tard, la "Danicamania" n’est toujours pas retombée. Non seulement la jolie brunette, première femme à triompher en IndyCar (c’était au Japon, en avril 2008), reste la pilote la plus populaire de l’IndyCar, mais elle a aussi éveillé l’attention des fans de F1 en étant régulièrement citée pour rejoindre les rangs de USF1 ; proposition qu’elle a décliné sans hésitation assez rapidement. Restant sur le sol nord-américain, mais diversifiant ses talents, la jeune pilote a été la principale attraction médiatique du début de saison de NASCAR (où elle ne concourait pourtant que dans une catégorie secondaire) au mois de février dernier à Daytona.


Milka DunoDepuis quelques années, Danica Patrick et Sarah Fisher sont rejointes en piste par une troisième femme, la Vénézuélienne Milka Duno. Soyons francs, si Fisher et Patrick ont fait beaucoup pour la crédibilité des femmes au plus haut niveau du sport automobile, on peut difficilement en dire autant de Milka Duno, qui joue surtout les chicanes mobiles et qui ne doit sa présence en IndyCar qu’au soutien d’un puissant sponsor vénézuélien.



Ana BeatrizQue Danica prenne garde à ne pas se reposer sur son statut de « meilleure femme pilote » car la relève est déjà prête. Parmi elle, la Brésilienne Ana Beatriz, actrice majeure depuis deux ans de l'Indy-Lights (la formule de promotion de l’IndyCar) dont elle fut la première femme à remporter une épreuve, et qui a fait à São Paulo ses débuts en IndyCar. Malheureusement, elle n'a pour l'instant aucune assurance de pouvoir participer aux prochaines courses du championnat.


Simona De SilvestroToutefois, à São Paulo, c’est Simona De Silvestro qui s’est montrée la plus brillante. Qualifiée pour ses débuts dans la discipline à la 11e place, elle s’est même offert le luxe, par la grâce d’une stratégie décalée, de mener la course, avant de rétrograder suite à des ennuis mécaniques. Agée de 21 ans, la Suissesse s’est révélée ces dernières années dans le championnat de Formule Atlantic, qu’elle fut toute proche de remporter en 2009. Pour peu qu’elle confirme son niveau de performance lors des prochaines courses, nul doute que son nom commencera à circuler du côté des paddocks de Formule 1…



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* "Revoir" car des femmes en F1, cela s’est déjà vu par le passé


Par Thibaut - Publié dans : Filles et moteurs
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Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 19:00



Natacha Gachnang sur tous les fronts

Actualité chargée pour Natacha Gachnang ! La Suissesse, que nous avions laissée sur un week-end difficile à Valencia il y a 3 semaines, a troqué le 13 juin dernier le baquet de sa Formule 2 pour celui d'un prototype Oreca-Chevrolet avec lequel elle a participé sur le circuit de la Sarthe à l'épreuve de Formula Le Mans organisée en lever de rideau des 24h. Au volant d'une machine de 430 ch qu'elle avait découverte seulement quelques jours plus tôt lors d'une séance d'essais à Magny-Cours, Natacha a fait forte impression : partie de la neuvième place sur la grille, elle est remontée jusqu'en deuxième position, et avec son coéquipier Christophe Pillon, s'est finalement classée à la troisième place. Sitôt descendue du podium, elle s'est empressée de présenter son trophée au Dr Wolfgang Ullrich, le grand patron de la compétition chez Audi, qui garde un oeil sur elle depuis plusieurs années.


Ses rêves de participer peut-être un jour aux 24h au volant d'une LMP1 de la marque aux anneaux se sont ajoutés à ceux d'accéder à la F1 dès l'année prochaine. La veille, la FIA avait en effet communiqué le nom des écuries inscrites au championnat du monde 2010 et parmi les heureux élus figure le Campos Racing, l'équipe avec laquelle Natacha a réalisé l'an dernier son excellente campagne en F3 espagnole. Même si rien n'est encore officiel, Natacha est fortement pressentie pour devenir pilote de développement de cette nouvelle écurie.


Toujours présente en Formule 2

En attendant, la Suissesse a retrouvé le week-end dernier,à Brno ,le peloton de la Formule 2, où elle n'a pa été épargné par le sort. Lors de la séance de qualification de la première manche, elle a été victime d'un bris de boîte de vitesse et a du s'élancer de la 25e et dernière place sur la grille. En course, elle est parvenue à remonter jusqu'à la 14e place, mais loin du vainqueur, l'Italien Mirko Bortolatti. Pas plus de réussite dans la deuxième manche, où, qualifiée 21e, Natacha a été contrainte à l'abandon à quelques tours de l'arrivée suite à un problème de pompe à essence.

Ce week-end elle était à Spa-Francorchamps. Qualifiée 20ème pour la première course, elle a signé un bon départ avant de voir son rythme de course complètement cassé par un accident et l'intervention de la voiture de sécurité. Elle termine finalement 11ème. "Evidemment, je suis contente d'avoir bien terminé cette première course du week-end. [...] J'ai pris un bon départ et progressé tout de suite, mais il y avait une voiture en travers dans l'épingle et à la fin, il y a eu un 2ème départ. [...] Mais je me suis accrochée et au bout du compte, même sans points, je suis très contente."

Encore qualifiée 20ème pour la course 2, la Suissesse ne terminera que 13ème. Un résultat qui sataisfait la jeune pilote : "Curieusement, ma 13ème place me donne encore plus de plaisir [que la 11ème place de la course 1], car il n’y a pas eu d’incidents au départ et il a fallu jouer finement. Au départ il n’y avait aucun interestice où se glisser pour progresser. J’ai attendu que la course soit bien engagée pour les premiers dépassements.  A la fin Piscopo me poussait à la faute et se rapprochait dangereusement. Mais je n’ai pas perdu mon sang-froid ce qui m’a permis d’obtenir la 13ème place. Je vois bien que la voiture commence à m’obéir et à aller plus vite. C’est le résultat de notre travail minutieux depuis le début de la saison."


Prochain rendez-vous pour la Formule 2 : Brands Hatch du 17 au 19 juillet.
Par Thibaut et Marie - Publié dans : Filles et moteurs
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 12:30


Natacha Gachnang
l'atout féminin de la Formule 2



Ce week-end a marqué la renaissance du championnat de Formule 2, catégorie qui, en Europe du moins, avait disparu depuis 1984. Parmi les concurrents engagés, la Suissesse Natacha Gachnang, que Femin-f1 suivra tout au long de la saison.

L'idée de relancer la Formule 2 a été lancée en juin 2008 par le président de la FIA Max Mosley, alors en conflit ouvert avec son vieil ami Bernie Ecclestone, promoteur du GP2. Malgré son rabibochage avec Ecclestone, Mosley n'a pas renoncé à son idée et la F2 est aujourd'hui une réalité. Suite à un appel d'offre, la FIA a confié la gestion du championnat à MotorSport Vision (MSV), la société de l'ancien pilote Jonathan Palmer, déjà organisateur de la Formule Audi Palmer.Ces F2 nouvelle génération sont toutes équipées de moteurs Audi 1.8 litre turbo, tandis que les châssis sont conçus par Williams.

Entre le GP2, la Formule Renault 3.5, l'A1GP, la Superleague Formula, les différents championnat de F3 et la Formula Masters, le moins que l'on puisse dire est qu'il y a encombrement de formules de promotion. Quelle place occupera la F2 ? Contrairement au souhait de ses promoteurs et à ce que son nom indique, la F2 peut difficilement prétendre jouer le rôle d'antichambre de la Formule 1. Avec une motorisation de 400 ch, elle se se situe nettement en-deça des GP2 (600 ch) et même des Formule Renault 3.5 des WSR (500 ch).

L'attrait est ailleurs puisque la caractéristique de la discipline est l'absence d'écuries. A la manière de ce qui se passe en Formula Palmer, la préparation et la maintenance des voitures sont directement assurées par l'organisateur, garantissant ainsi une parfaite équité entre les pilotes, équité qui n'est souvent qu'illusoire dans les autres formules monotypes. Lors des courses, le personnel est réduit à sa plus simple expression : un ingénieur pour trois voitures, et un mécanicien par voiture.

Une Formule à coûts réduits : un seul ingénieur pour 3 pilotes.

L'intérêt de cette F2 se situe donc essentiellement au niveau financier puisque le budget nécessaire pour y participer est de 250 000 E par an et par voiture. Un ticket d'entrée extrêmement abordable, puisque 6 à 7 fois moins cher qu'en GP2, et deux fois moins élevé qu'en F3 Euro Series. L'idée est séduisante car elle fait de la F2 une discipline accessible à de jeunes pilotes qui, en l'absence d'appuis financiers, pourraient difficilement espérer piloter des monoplaces d'un tel niveau.


Parmi les pilotes en lutte pour le titre (récompensé par un test sur la Williams F1), Femin-f1 gardera un œil particulièrement attentif sur la Suissesse Natacha Gachnang, seule femme engagée dans le championnat. Issue d'une famille de passionnés de sport automobile, la native de Vevey, âgée de 21 ans, a commencé à piloter en karting dès l'âge de 5 ans et a débuté la compétition à 8 ans.

Figurant parmi les meilleurs pilotes de kart de son pays, elle se permettait régulièrement de battre son cousin, un certain Sébastien Buemi. Après des débuts médiatisés en 2003 dans le championnat d'Allemagne de Formule BMW (Niki Kauda s'était alors fendu de propos élogieux à son égard en lui prédisant un futur doré), la carrière de la Vaudoise a eu tendance à patiner, alors que dans le même temps, son cousin, soutenu par Red Bull, gravissait 4 par 4 les marches menant à la F1. Formule BMW pendant 3 ans, Formule 3 allemande, puis Formule Mazda au Etats-Unis, c'est seulement en 2008 que Natacha a refait parler d'elle grâce à ses brillantes prestations dans le championnat d'Espagne de Formule 3, qu'elle a terminé en troisième position. De quoi rêver à la Formule 1 ? «Je sais que c'est possible. Au niveau du pilotage et de l'agressivité, il n'y a aucune différence entre un homme et une femme».


En attendant de se glisser un jour dans le baquet d'une F1, Natacha a débuté sa saison de F2 sur un mode mineur à Valencia. Qualifiée en 14e position sur la grille de départ de la première course, tombée au 16e rang suite à un premier tour chaotique, elle s'est frayée un chemin jusqu'à la 11e position sous le drapeau à damiers. «Je voulais des points, mais je suis heureuse d'avoir bien terminé cette première course du Championnat à une place très honorable dans le premier tiers du classement.» Les espoirs sucités par cette première manche ne seront hélas pas concrétisés le lendemain puisque à nouveau qualifiée en 14e position, Natacha s'accroche avec Alex Brundle dès le premier tour et doit abandonner. Vainqueur des deux courses du week-end, le Canadien Robert Wickens, protégé de Red Bull, prend déjà le large au championnat.

Pour Natacha Gachnang, prochain rendez-vous dans 3 semaines à Brno en République tchèque.
Par Thibaut - Publié dans : Filles et moteurs
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