Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 14:37
Sebastian Vettel : l'héritier ?

Malgré une bouille d’adolescent espiègle Sebastian Vettel est devenu en quelques courses l’un des cadors du plateau. Surnommé "Baby Schumi", il doit prouver que la comparaison avec son illustre compatriote n’est pas fictive, mais le disciple a encore du chemin à parcourir pour dépasser le maître...


Sebastian Vettel est, comme Michael Schumacher deux décennies plus tôt, touché très jeune par la passion du sport automobile. Son père et sa sœur aînée fréquentent le milieu du karting ; logique donc que le petit Sebastian ait reçu son premier kart à seulement 3 ans et demi ! Logique également qu'il commence très tôt, et avec succès, la compétition. Rapidement remarqué par le "Red Bull Junior Team" qu'il intègre à l'âge de 9 ans, le natif du Land de Hesse voit sa carrière prise en main par la structure qui finance sa carrière et fait en sorte qu’il se retrouve dans les meilleures équipes. Il y développe son talent et se révèle dans toutes les disciplines. Un parcours qui n’est pas sans rappeler celui de son modèle, Michael Schumacher dont il veut suivre les traces. Pour ce faire, il use les pistes et affole les chronos.

Le jeune pilote se forge en quelques années un palmarès honorable remportant par exemple en 2004 le championnat allemand de Formule BMW avec 388 points sur 400 possibles. Comment ne pas songer aux 148 points sur 180 possibles de Schumacher cette même année en F1 ? Vettel doit y penser et continue à progresser dans les différentes formules de promotion. En 2005, pour sa première saison en Formule 3 Euro Series, il finit 5ème et meilleur débutant. L’année suivante, il termine vice-champion, battu par son coéquipier Paul di Resta qui dispute lui aussi sa deuxième saison dans la discipline. Cette même année, Vettel s’illustre également en World Series by Renault : pour sa première apparition dans cette catégorie, en tant que remplaçant de Colin Fleming, il termine 2ème de la première course et s’impose dans la seconde après avoir signé la pole. Coup d’essai, coup de maître ! Il poursuit dans cette discipline l’année suivante mais la F1 l’appelle en cours de saison : il prend le départ de son premier Grand Prix alors qu’il n’a pas 20 ans. Une précocité qui n'aura pas suffit pour que Bébé Schumi puisse se frotter à son idole en course, Schumacher ayant pris sa retraite la saison précédente. Il l’aura tout de même côtoyé dans les paddocks les week-ends de grand-prix, puisque si Indianapolis 2007 est sa première course, ce n’est pas sa "première" au volant d'une F1 !

Vettel et la F1, l’histoire commence en septembre 2005. Il n’a que 18 ans ! Ses très bonnes prestations en Formule BMW et F3 avaient suscité l’intérêt de BMW qui lui offre l’opportunité de tester une Williams-BMW sur le circuit de Jerez. A la clé ? Un contrat de pilote d'essais pour la saison 2006, tout en restant bien sûr dans la pépinière Red Bull. A partir de cet instant, et bien aidé par le destin, l'ascension de Vettel en F1 est fulgurante : lors du Grand Prix de Turquie 2006, alors que Robert Kubica remplace Jacques Villeneuve au sein de l'écurie BMW-Sauber, il est promu 3ème pilote. Il impressionne dès son premier week-end : plus jeune pilote de l’histoire à participer à un week-end de Grand Prix, il affiche une solide vitesse de pointe… Il écope même d’une amende de 1.000$ pour vitesse excessive dans la voie des stands ! Mais de ses premiers roulages lors des essais du vendredi, les observateurs retiennent surtout qu’il a réalisé le meilleur temps, tant en Turquie qu'en Italie le week-end suivant.

En 2007, alors que la carrière de Sebastian Vettel en F1 aurait pu être freinée avec l’interdiction faite aux 3èmes pilotes de rouler le vendredi, sa carrière décolle vraiment. Robert Kubica, victime d’un violent accident à Montréal, ne peut prendre le départ du Grand Prix d'Indianapolis et c'est Sebastian Vettel qui est titularisé pour la course. Il ne lui faut pas longtemps pour marquer les esprits puisqu'il devient le plus jeune pilote (encore !) à marquer un point. Trois courses plus tard, il est à nouveau au départ d’un Grand Prix, non pas chez BMW où Kubica est bien de retour, mais chez Toro Rosso pour remplacer définitivement Scott Speed. Sebastian revient donc dans le giron Red Bull. En sept courses, il impressionne, surtout sous la pluie, avec comme point d'orgue sa course chinoise : parti 17ème, il termine au pied du podium offrant ainsi ses premiers points à Toro Rosso. Une très belle prestation qui va sceller sa réputation de "bébé Schumi" mais qui ne réussit pas à faire totalement oublier le week-end précédent au Japon où, déjà sous la pluie, et alors qu’il devenait le plus jeune pilote à avoir mené une course, il s'était violemment accroché avec Webber, ruinant complètement leur course. Un accroc pardonnable et pardonné : Vettel est reconduit en 2008.

Après une première saison (partielle) remarquable, Sebastian Vettel subit un printemps 2008 des plus compliqué. Il peine énormément en début de saison sur une voiture qu'il connaît pourtant puisqu'il s'agit du châssis 2007. Une situation pénalisante par rapport à ses concurrents, mais c'est surtout en interne que la comparaison est difficile pour l'Allemand : quatre abandons en quatre courses, alors que son coéquipier "rookie" finit dans les points en Australie… L’arrivée de la nouvelle monoplace lui permet de devenir plus performant et de prendre l’ascendant sur Sébastien Bourdais au fil des courses. La consécration arrive à Monza où il décroche la pole et la victoire sous la pluie. Deux nouveaux records de précocité à ajouter à sa grande collection : plus jeune poleman et plus jeune vainqueur de l’histoire de la Formule 1. Dès lors, une star est née ! Il suscite d'énormes attentes, et plus que jamais, il s’installe dans son rôle de successeur de Schumacher. Si le "Baron rouge" est le pilote de tous les records, Vettel lui, est déjà le pilote de tous les records de précocité, même s'il lui manque encore le principal : celui de plus jeune Champion du monde de l’histoire de la F1 qui est pour l’instant détenu par Lewis Hamilton (23 ans, 9 mois et 26 jours). Pour accrocher ce dernier record de précocité, Vettel doit gagner le championnat 2009 ! En est-il capable ?


En 2009, Vettel continue son ascension en quittant la "petite" Toro Rosso pour la "grande" Red Bull où il remplace Coulthard aux côtés de Webber. Le bilan des premières courses est mitigé malgré une voiture performante. En Australie, à trois tours de la fin, il s'accroche avec Robert Kubica en défendant à l'extrême sa deuxième position. En Malaisie, victime de la mousson et du changement d'horaire, il abandonne suite à un violent tête-à-queue. Par la suite, ses résultats en course sont en dents de scie. Victoire en Chine sous la pluie et premier hat-trick de sa carrière à Silverstone, mais sur certaines courses, il montre quelques difficultés : départs ratés, incapacité à dépasser des concurrents directs, il se provoque même quelques frayeurs en partant plusieurs fois à la faute. Des petites faiblesses qui font que Vettel peine à s’affirmer comme leader au sein de son écurie. Suite à la promotion du jeune pilote allemand chez Red Bull, le petit monde de la F1 pensait qu'il prendrait très facilement l'ascendant sur Webber, d'autant que ce dernier était blessé. Si cela semblait vrai en début de saison, la situation a évolué au cours de l’été et Vettel a de plus en plus peiné à prendre l'ascendant sur son coéquipier qui retrouvait la forme. En fin de saison, il reste pourtant en course pour le titre à deux courses du final, grâce notamment à un bon week-end au Japon : pole et victoire à Suzuka où il n'avait pourtant jamais couru en course !

En coulisses, réputé travailleur, Sebastian Vettel semble faire partie de ces pilotes qui ne négligent pas le développement de leur monoplace et le travail d’équipe. Il affirme lui-même dans certaines interviews avoir besoin de travailler conjointement avec son équipier pour progresser. Peut-être une marque d’humilité ? Peut-être une façon de montrer qu’il refuse cette image de leader, broyeur d’équipier, que voulaient lui coller fans et médias en début de saison ? Peut-être une stratégie de communication ? Difficile de se prononcer sur la façon de travailler du jeune pilote si l’on n'est pas à l’intérieur de l’équipe. Ce qui paraît incontestable en revanche, c’est la sympathie de Sebastian. Presque toujours souriant, disponible pour les fans, gentil, il est apprécié de tous et semble même jouir d’une bonne côte de popularité au sein de ses pairs ! Une gentillesse et une « cool » attitude qui ne l’empêchent pas d’être un pilote déterminé voire entêté en piste. Il n’a d’ailleurs pas hésité à désobéir à son stand cette saison quand, à la fin du Grand Prix de Turquie, il lui a été demandé de lever le pied. Impensable pour le jeune pilote qui a défendu sa place jusqu’au bout ! Un bonheur pour les fans, un casse-tête pour les ingénieurs.

Ce genre de petits détails ainsi que ses petites faiblesses donnent à Vettel une dimension plus humaine. C'est un très bon pilote perfectible, donc attachant. Que ces failles soient l’expression d’un manque de maturité, d’un manque de confiance ou d’un manque d’expérience, peu importe. Il lui faut seulement devenir plus constant dans son pilotage pour combler ses lacunes et parvenir a décrocher le championnat. En effet, doué d’un indéniable talent, il a en mains les cartes pour satisfaire aux attentes de son écurie et des supporters à la recherche de leur nouveau Schumacher. Peut-être même arrivera-t-il à faire oublier son illustre compatriote, car finalement, le mieux pour lui ne serait-il pas d'être simplement Sebastian Vettel ?
Par Didier - Publié dans : Hors piste
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