Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 12:48

F1-news

Mark vs Seb

 

Ils ne détestent pas. Ils sont juste rivaux. C'est en tout cas ce qu'a affirmé Christian Horner lors de son interview par Ted Kravitz, Johnny Herbert et Natalie Pinkham pour la télé anglaise Sky Sports en marge du GP de Chine la semaine dernière.

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Christian Horner a également profité de son interview pour préciser que la politique de Red Bull en matière de consignes d'équipe : "ce que nous ne feront pas c'est interférer dans la courses des pilotes. Ils auront les infos et ils sauront ce qu'on attend qu'ils fassent avec ces informations - qu'ils choisissent de le faire, c'est autre chose ! Mais ils auront toutes les infos dont ils ont besoin." Cela semble donner raison à Vettel qui avait délibérément choisi de ne pas respecter la consigne de son écurie pendant le GP de Malaisie, alors que Webber, lui, suivait les ordres en levant le pied. Une attitude qui lui a valu la victoire mais aussi la fureur de Webber et une tension qu'on avait rarement vu ces dernières années sur un podium de F1.
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Pendant la conférence de presse qui avait suivi, Sebastian Vettel avait présenté ses excuses ; excuses dont on doute qu'elles aient été acceptées par Webber. Pour son écurie en revanche, l'éponge semble passée, comme l'indique Horner : "Sebastian sait qu'il a besoin de l'équipe pour obtenir le succès qu'il a eu. Il s'est excusé auprès de moi, il s'est excusé auprès de l'équipe, il a dit ce qu'il  avait à dire, et c'est bon. On avance, on se concentre sur la prochaine course."

Alors même si depuis le podium de Sepang, plus personne ne peut ignorer que les coéquipiers de Red Bull ne s'apprécient pas,  cela ne nuira pas à l'équipe selon Horner : "Ils ne passeront pas leurs vacances d'été ensemble, c'est certain, mais ça ne change rien - ils sont en salle de briefing en ce moment, parlant ouvertement du moyen d'améliorer la voiture, travaillent collectivement pour l'écurie."

Je suis un peu sceptique sur ce dernier point, mais après tout, je ne suis pas chez Red Bull pour dire si oui ou non les deux pilotes travaillent ensemble pour leur équipe. Qu'ils travaillent pour leur équipe ou à tout le moins pour gagner et donc faire gagner leur équipe, sûrement, mais peut-être pas ensemble. Lors d'une conférence de presse où il était seul face aux journalistes, Vettel a clairement dit ce qu'il pensait de Webber : "Pour être complètement honnête, je crois ne jamais avoir reçu de soutien de sa part. J'ai beaucoup de soutien de l'équipe en revanche, et je pense que l'équipe nous supporte tous les deux de la même façon. Je le respecte beaucoup en tant que pilote. Mais je pense aussi qu'il y a eu certaines occasions dans le passé où il aurait pu choisir d'aider l'équipe, mais il ne l'a pas fait." Voilà qui est clair.

Quant à l'épisode de Malaisie, le pilote allemand est largement revenu dessus. En résumé : oui il s'est excusé de ne pas avoir respecté l'ordre de son écurie, mais pas d'avoir gagné. Il était uniquement concentré sur le fait de gagner, du coup il a entendu la consigne "multi21" de son équipe mais ne l'a pas bien comprise, ne l'a pas reliée à la situation. Est-ce qu'il aurait agit différemment s'il avait compris ? "Je ne suis pas certain de pouvoir répondre correctement à cette question. Bien sûr, il y aurait eu un conflit comme je suis le genre de personne à respecter les décisions de l'équipe, mais j'aurais probablement pensé que Mark ne le méritait pas à ce moment là."

Donc Vettel est du genre à obéir aux consignes de son équipe ? Ah bon ?

Pourtant, je me souviens qu'avant qu'il ne devienne champion du monde pour la première fois, je me disais que ce qui lui manquait c'était juste un peu de maturité pour savoir écouter son écurie quand elle lui disait de lever le pied. Et 3 titres de champions du monde plus tard, je continue de penser que c'est le cas. En fait, pour tout dire, je ne suis pas loin de penser comme Villeneuve quand il dit que Vettel est un enfant gâté qui ne sait pas écouter son équipe, du moins quand son équipe lui demande de ralentir pour économiser ses pneus ou préserver sa voiture. Je crois qu'on en a eu la preuve à plusieurs reprises, sur plusieurs saisons. Mais peut-être que chaque fois, c'était parce qu'il ne comprenait pas les consignes... C'est ballot quand même !

Comme je manque d'objectivité quand il s'agit de Vettel, j'ai demandé à Raphaël, qui lui soutient Vettel, de prendre sa défense. Je lui laisse donc la parole.

 

 

« Je viens dans le paddock de la Formule 1 chaque jour car j’adore ce que je fais. J’adore courir, j’adore travailler avec l’équipe et cela donne tellement de satisfaction à ma vie que je ne peux pas penser faire autre chose qui me donne plus de plaisir. »

Cela s’appelle la passion Seb ! Celle qui fait que quelqu’un peut être prêt à tout pour gagner.

S’il s’est excusé auprès de son équipe, Vettel s’est clairement défendu vis-à-vis de son goût pour la victoire. À la question « Si cette situation se reproduisait, prendriez vous la même décision ? » la pilote Red Bull a répondu « Je ne suis pas sûr, mais probablement je ferai la même chose. »

Ses excuses n’étaient là que pour mettre les formes, seule la victoire compte dans sa tête. Ce qui s’est passé en Malaisie n‘était que le pâle reflet d’un comportement impitoyable. Quitte à être égoïste, « un enfant pourri gâté », Vettel prend chaque course comme une lutte, une survie vers le succès.

Je reconnais la cruauté de cette mentalité, mais c’est aussi en imposant sa loi que l’on devient Champion du Monde.

Deux grands champions en sont les exemples parfaits : Ayrton Senna et Michael Schumacher.

Senna a brisé le pacte de non agression passé avec son équipier Prost au Grand Prix de Saint-Marin 1989 débutant une longue rupture qui enverra Prost tenter l’aventure Ferrari après un piteux accrochage à Suzuka la même année et ce malgré un troisième titre de Champion du Monde avec McLaren. Le même Senna le harponnera volontairement à Suzuka en 1990 pour se venger de sa disqualification l’année précédente, un autre accrochage resté dans les mémoires.
Certes cette manœuvre en particulier est un cas extrême et n’est que peu défendable, mais elle illustre bien le fait qu’il faille se montrer parfois impitoyable pour gagner. En marge de cela, Senna reste admiré, adulé pour son immense talent et ce d’autant plus depuis que la Formule 1 porte son deuil.

Quant à Schumacher, que j’ai soutenu depuis que j’ai découvert la Formule 1 en 1995, l’imposition de sa loi était écrite jusque dans son contrat !! En effet, dans le livre « Les 7 vies de Michael Schumacher » (aux éditions Solar), il est décrit comment Willy Weber (son manager) s’est assuré de la protection du statut de n°1 du pilote allemand (ainsi que des avantages commerciaux) d’abord chez Benetton puis chez Ferrari à partir de 1996.

Sur la piste, nombreuses ont été les manœuvres houleuses ou discutables de Schumi ainsi que les réprimandes voire sanctions (à raison) : avec Hill (Belgique 1995), avec Villeneuve (Europe 1997), avec Barrichello (Autriche 2002), avec Montoya (Saint-Marin 2004), vis-à-vis d’Alonso (Monaco 2006)…

Pourtant Schumi reste l’homme qui a décroché 7 couronnes, remporté 91 victoires, celui qui a pulvérisé tous les records absolus.

Même s’il tient à s’en défendre, Vettel n’est pas surnommé « Baby Schumi » par hasard, il marche dans les traces de son ainé, quitte à se montrer autoritaire lui aussi.


Alors peut-être que s'imposer dans son écurie, voire face à son écurie, est aussi un trait de champion...

 

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Par Marie feat. Raphaël - Publié dans : F1 News
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