Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 00:00

Heikki Kovalainen
un Finlandais pas comme les autres

heikki kovalainenPeau claire, yeux bleus, cheveux blonds, patronyme en « -nen » mais sourire permanent. Nul doute, Heikki Kovalainen est un Finlandais atypique. Loué pour sa gentillesse et sa sympathie, il se distingue de certains de ses plus illustres compatriotes pilotes. Malheureusement, il semble aussi voué à s’en distinguer par son palmarès. Personne ne voit en lui un futur champion du monde...


Après avoir couru dans deux écuries championnes du monde (Renault et McLaren) sans convaincre réellement, l'avenir d'Heikki en F1 s'est
momentanément assombri puisque pour 2010 McLaren lui a préféré Jenson Button, le nouveau Champion du Monde... Il a finalement retrouvé un baquet chez Lotus fraîchement revenue à la F1. Une bonne nouvelle, car après le départ de Kimi Räikkönen, il aurait été dommage qu'aucun Finlandais ne soit présent en F1, d'autant que le natif de Suomussalmi n'est pas dénué de talent. Pourtant, si sa carrière en était venue à s'arrêter fin 2009, il y a fort à parier qu'on n'aurait pas retenu grand chose de lui : une victoire symbolique lors de la course des champions face à Michael Schumacher et Sébastien Loeb en 2004, un titre manqué face à Nico Rosberg en GP2 en 2005 et un impressionnant crash en F1 en 2008 à Barcelone. Un bien maigre butin pour le Viking !


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Heikki Kovalainen n'est pourtant pas un sombre pilote de fond de grille. Il a tout même glané en 3 saisons en F1 : 1 victoire, 3 podiums, 1 pole, 2 meilleurs tours. Ses saisons sont aussi synonymes de 87 points marqués en 52 courses, soit 28 courses terminées dans les 8 premiers pour seulement 8 abandons. Les statistiques démontrent donc qu'Heikki n'est pas un "branquignole", vous ne trouvez pas ?

Bien sûr, le petit Finlandais (enfin pas si petit que cela au regard de la taille moyenne des pilotes... il mesure tout de même 1m72 !) n'a pas l'aura d'un Raïkkönen ou d'un Hakkinen. Il suscite moins d'enthousiasme que des prodiges comme Vettel ou Hamilton. Il marque moins les esprits que Kubica ou Rosberg. Pourquoi ?

Pourquoi certains pilotes se remarquent plus - indépendamment de leur talent en piste - ? Impossible de répondre. Charisme, promotion, caractère, écurie, résultat, nationalité... autant de paramètres qui entrent en jeu mais ne peuvent apporter de réponse claire. Indéniablement, certains ont un petit truc en plus qui les distingue des autres. Est-ce le cas d'Heikki ? Sur un point, oui : Heikki Kovalainen est atypique parce que sympathique, ce qui n'est pas connu pour être la qualité première des pilotes venus du grand nord. Un trait donc en soi remarquable... mais ce n'est pas suffisant. Pour être honnête, Heikki se fond plutôt dans la masse.

En effet, outre cette "dissonance" dans son profil, Heikki ressemble à ses compagnons de piste. Comme la plupart de ses collègues, Heikki dit aimer les pâtes, le sport, les jeux vidéos, la vitesse, les sensations fortes (il est également pilote d'hélicoptère), les gadgets, il vit en Suisse, et ... Stop ! Revenons-en au sport ! Je (me) reprends donc : comme la plupart de ses collègues, Heikki a suivi le parcours classique des apprentis pilotes : débuts en karting dès son plus jeune âge (6 ans pour les premiers tours de roues, 10 ans pour les 1ères compèt') et rodage dans les diverses formules de promotions. Il y connaît un parcours correct, mais pas éblouissant. Jugez vous-même.

Avec en poche la victoire aux Elf Masters à Paris Bercy pour bien commencer le 3ème millénaire, "Kova" débute la course de monoplace en 2001 dans le championnat de Formule Renault Britannique. 2 victoires, 2 poles, 3 meilleurs tours et un titre de "rookie of the year" plus tard, il intègre le Renaud Driver Development et débute en F3 Britannique dont il terminera 3ème et à nouveau meilleur débutant. Un petit passage en World Series by Nissan lui apporte une deuxième place en 2003 (derrière Franck Montagny) et le titre de champion en 2004. Son apprentissage touche alors à sa fin puisqu'il rejoint l'antichambre de la F1 : le GP2. Leader pendant une grande partie de la saison, il ne finit "que" vice-champion, derrière un certain Nico Rosberg. Un titre qui suffit à lui ouvrir les portes de la F1, mais seulement en tant que pilote d'essai chez Renault.

Il lui faut attendre patiemment qu'une place se libère pour être titularisé en 2007 aux côtés de Giancarlo Fisichella. Dans une écurie en mal de leader, il doit se faire un nom. Un nom que son équipe s'est chargé de lui donner : Heikki Kovalainen devient Jean-Pierre Kova... comme pour faire la nique aux grincheux en manque de pilotes français. Mais "Jean-Pierre" ne porte haut ni les couleurs de sa Finlande natale, ni celles de son écurie. Ces débuts en F1 sont plus que difficiles. Une première moitié de saison véritablement catastrophique menace d'écourter sa carrière. Heureusement, un déclic se produit chez le Finlandais lors du GP du Canada. Dès lors, il nous offre un tout autre visage : plus rapide, plus accrocheur, certainement plus confiant...

Le rookie se révèle alors être un vrai pilote de F1. Déjà fiable depuis son premier GP, il démontre peu à peu toute son efficacité jusqu'à terminer 7 fois consécutives dans les points. Il réussit à accrocher un podium au pied du mont Fuji malgré des conditions de course particulièrement difficiles. Un beau résultat pour une première saison ; saison qui aurait pu être vierge de tout abandon sans un sournois souci mécanique lors du GP du Brésil. Rageant !

Rookie de bonne envergure, certes loin d'un Hamilton, Heikki attire les convoitises de McLaren qui le signe aux côtés de leur "prodige" maison. Deux conclusions paradoxales peuvent être tirées de ce recrutement : le Finlandais est suffisamment doué pour intéresser un top-team, mais pas suffisamment talentueux pour faire de l'ombre à Lewis... Cela signifie aussi certainement qu'Heikki n'est pas la tête de cochon que peut être Alonso. Forcément, Heikki est un gentil !

Gentil, mais déterminé à ne pas jouer les faire-valoir d'Hamilton. Il signe un très bon début de saison 2008, proche de son équipier et régulier. Tout change brutalement à Barcelone : énorme crash, sans séquelles physiques, mais après lequel rien n'est plus pareil. Peut-être affecté mentalement, mais surtout jouant de malchance, Heikki va connaitre des hauts et des bas. Première pole (Silverstone) et première victoire (Budapest), mais aussi de nombreux abandons et soucis techniques, des belles qualifs gâchées avant le départ ou dans les premiers tours, etc. L'illustration la plus flagrante de cette malchance chronique : sa course à Spa. Qualifié 3ème, il ne part finalement que 14ème à la suite d'un ennui au départ. Il remonte alors ses concurrents et pointe à la 7ème place dans le 9ème tour... mais voulant dépasser Webber, les 2 pilotes s'accrochent et le Finlandais reprend la piste en 15ème position. Déterminé, il repart à l'assaut de la tête de course et pointe à la 6ème place à l'entame du dernier tour... quand sa boite de vitesses le lâche ! Arrrgh !

Au final, il termine cette saison à la 7ème place du classement, très loin de son champion du monde de coéquipier. Totalement tombé dans l'anonymat, si Heikki espérait changer d'image en 2009, c'était sans compter sur l'inefficacité de sa monoplace. En qualifs comme en course, les deux pilotes McLaren ont du mal à démarrer en début de saison. Et si en qualifs, Heikki fait jeu égal avec Lewis, il ne concrétise pas en course, "victime" de nombreux abandons, alors même qu'il se trouve souvent devant son équipier... Tant et si bien qu'il ne marque que rarement des points (Shanghai, Hockenheim et Budapest). Au fil de la saison, il ne semble pas progresser. En effet, alors que son équipier retrouve peu à peu les joies de la victoire et de la bagarre en tête de course, Heikki, lui, semble stagner et plonge dans les affres du classement et de l'oubli. Cruel !

Sa courte carrière en F1 se serait donc achevée de bien triste manière si personne n'avait songé à lui pour 2010 car Heikki n'est pas plus mauvais que d'autres titulaires. Éclipsé par un équipier "énorme" de talent et de personnalité, et écrasé par la poisse, jusque là le petit Finlandais atypique ressemble finalement peu à un féroce viking... Il tient plus de Casper : gentil mais transparent. Dommage...  Saura-t-il se montrer plus consistant la saison prochaine avec l'écurie renaissante Lotus? Je l'espère sincèrement. Pas vous ?
Par Marie - Publié dans : Un autre regard sur la F1
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