Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /2010 22:19
Le GP de Hongrie 2010
~ Analyse de la course ~

Et nous voici en pays Magyar pour le dernier Grand Prix avant la trêve estivale. La dernière ligne droite pour pouvoir partir en vacances l'esprit tranquille et effectuer une rentrée sur de bonnes bases.

"Rebondissements” pourrait être le mot-clé de ce week-end. En effet, contrairement à ce que certains pilotes sous-entendaient dans leurs déclarations, ce Grand Prix fut loin d'être ennuyeux. Pêle-mêle, nous avons pu voir : une voiture sur 3 roues, la panique dans les stands, une colère justifiée, un comportement inqualifiable. Les pilotes et leurs écuries n'ont pas ménagé leurs efforts pour nous donner du grain à moudre. Et pour une fois (depuis trèèèès longtemps) : pas de polémique !!! Du coup les Tops et les Flops s'en ressentent. Papotage exclusivement basé sur les performances (de qualité ou non) ! Hip Hip Hip Hourraaa !!!

 
Nos "Tops" 

RedBull.jpgTrois. Deux. Un. Mise à feu !!! Tout le week-end, on aurait pu se croire en Guyane sur la base de Kourou. Red Bull n'a pas fait courir 2 voitures sur le circuit hongrois mais bien 2 fusées !!!


Un gros top donc, décerné à l'ensemble de l'équipe, et plus particulièrement à Adrian Newey qui a conçu une très bonne voiture et qui trouve le moyen de faire mouche à chaque adaptation, modification, “peaufinement”, à chaque “new way” en fait (bon ok c'est un jeu de mot très pourri). Ses autos, mises entre de bonnes mains, font des merveilles. Elles ont en effet dominé très clairement lors des qualifications, avec un Sebastian Vettel en grande forme qui s'impose une fois de plus en pole, et un Mark Webber, à peine moins en forme, en 2ème position. Et cela continue en course.


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Lors de l'extinction des feux, Sebastian Vettel signe un très bon départ, prouvant enfin qu'il est capable de faire quelque chose de sa pole position. Il sème littéralement tout le monde et enchaîne les meilleurs temps au tour pendant un bon moment, s'échappant rapidement seul en tête.


L'entrée en jeu du SC le fait se précipiter dans les stands (il coupe légèrement à travers champ pour ce faire) pour effectuer son changement de pneumatiques. Ressorti en 2ème position, derrière Webber qui ne s'est pas arrêté, la victoire lui tend encore les bras. Mais une nouvelle fois, le destin,
incarné cette fois par la FIA, s'acharne : le pilote est sous investigation car il aurait laissé plus de 10 longueurs de voitures entre lui et la voiture de sécurité. Le verdict tombe: un drive-through. Le jeune Allemand ne comprend visiblement pas cette sanction et extériorise sa colère via contact radio. Sans répondre à ses questions sur les raisons de la pénalité, son équipe lui demande de garder son calme. Ce qu'il semble incapable de faire, puisque lors de son passage aux stands, il mime, avec force gestes, à son équipe son exaspération.  


A l'issue de ce drive-through, il perd 1 place, et restera dans les échappements d'Alonso jusqu'à l'arrivée : tentant de lui mettre la pression à plusieurs reprises, il ne semble pas parvenir à trouver d'ouverture. En réalité, on sent bien qu'en plus de la vitesse de pointe de la Ferrari qui l'handicape, le jeune Allemand a du mal à maîtriser ses nerfs ; sa pénalité le hante, l'obsède.
Preuve supplémentaire de sa difficulté à avaler la couleuvre, son arrivée à l'emplacement du n°3 : il percute légèrement mais volontairement le panneau avec l'avant de sa voiture, se précipite dans la pièce de l'après course et demande des explications à un "pauvre monsieur" portant une chemise FIA (assistant de Charlie Whiting), et ce malgré les exhortations de son team à rester calme. Sur le podium, il offre un visage fermé, levant à peine son trophée, se prêtant de mauvaise grâce à la tradition de la douche de champ'.

 

Hongrie-Vettel-3ème

 Un week-end plutôt mitigé donc pour Sebastian (un de plus) parce que même s'il y a du mieux (bon départ depuis la pole) il ne parvient toujours pas à transformer l'essai. Et même si les circonstances ne sont pas toujours à son avantage, il n'a pas démontré posséder un mental qui lui permette de reprendre le dessus en cas de coup dur et de se battre. Ce pilote est certainement une pépite mais il faudrait qu'il mûrisse très sérieusement pour devenir un compétiteur tant dans les bras que dans la tête. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que nous soulignons ce point faible, et nous espérions que les travers de la saison passée seraient oubliés... Visiblement non. Dommage ! Combien de points et de places au classement devra-t-il perdre bêtement avant de changer son comportement ? Ou avant que son team ne lui secoue sérieusement les puces ?

Hongrie-Webber-embrasse-voitureTrès bon week-end pour Mark Webber. Il perd    une place lors du départ et se retrouve 3ème. Plus rapide qu'Alonso, il ne trouve cependant pas le moyen de le passer et doit se contenter de la 3ème place pendant un certain temps. Il lui reste un espoir de le passer lors des changements de pneumatiques. Mais voilà, changement de programme pour l'Australien : les dés sont relancés lors de la sortie du SC. Opportuniste, il tente le tout pour le tout, décide de rester en piste et de remettre à plus tard le changement de gommes. Sa stratégie se met lentement en place. Petit à petit, tour après tour, il grappille les secondes plus que nécessaires pour son arrêt obligatoire aux stands et en ressortir toujours en tête de la course. Ses efforts ne sont pas restés vains et finalement il n'aura pas eu de peine pour rester éveillé (cf. ses déclarations d'après-qualifications). Une petite tape à sa monture pour la féliciter, une petite scène d'écoute et de compassion envers son coéquipier et il monte pour la 4ème fois cette saison sur la plus haute marche du podium et reprend la tête du championnat ! Une victoire de l'Australien qui ne se sera pas fait l'écho à une crise interne. De ce côté-là, on peut dire sans problème : pas de nouvelles, bonnes nouvelles.

Les seules voitures capables de tenir tête aux Red Bull dès les qualifications sont les Ferrari. D'ailleurs, cela s'est retrouvé lors de la grille de départ avec Alonso et Massa respectivement en 3ème et 4ème position.

/Ferrari.jpgFernando Alonso signe un bon départ en chipant la 2ème place à Webber. En revanche, il est clair que les Ferrari sont un niveau en-dessous de celui des Red Bull (tout du moins sur ce circuit). Nando s'est fait largué par Vettel dès les 1ers tours et s'est retrouvé talonné par Webber. Mais il tient bon le cap. Le régime SC ne change pas grand chose pour lui.

C'est suite au drive-through de Vettel qu'il retrouve la 2ème place et parvient à contenir l'Allemand. Un podium sans mélodrame en filigrane. A cet égard, on peut préciser qu'Alonso avait plutôt l'air de faire profil bas pendant cette course sans trop d'agacement.

Felipe Massa, quant à lui, semble avoir repris son rôle de Casper au sein de l'écurie. Il ne fait pas parler de lui mais accroche une 4ème place au finish. L'incident de la semaine dernière l'a-t-il refroidi et convaincu de ne pas trop entrer en concurrence avec son équipier sachant vers qui penchera la balance ? Questions sans réponse.

Les 2 Renault sont en 4ème ligne sur la grille de départ hongroise. On reviendra sur la prestation de Kubica dans les flops puisque rapidement seul Vitaly Petrov reste en lice. Le Russe nous montre à nouveau un aspect des plus positifs de son adresse. Dès le départ, il gagne 2 places, sur Hamilton et Rosberg. Hamilton finit par le repasser mais Rosberg ne parvient pas à suivre son rythme. Après l'abandon de Lewis, Vitaly retrouve la 5ème place qu'il conservera jusqu'à l'arrivée. Pour le pilote qui était selon la rumeur sur la sellette et avait jusqu'à cette course pour faire ses preuves, on peut penser que le contrat est rempli, mais cette prestation suffira-t-elle au renouvellement de son contrat avec l'écurie française ?

Un petit top pour Kamui Kobayashi qui a planté ses qualifs dans les grandes largeurs, en rajoutant avec le petit oubli de la pesée post-qualifs. Du coup, entre les maigres résultats et la pénalité il s'élance en 18ème position sur la grille de départ. Déception vite oubliée puisqu'il nous offre un départ du feu de dieu ! Il passe de sa 18ème place à la 11ème place. En prime, il s'est permis de jouter quelques temps avec Button, l'actuel champion du monde (petit rappel qui semble indispensable au vu du comportement de ce dernier sur circuit).


Nos "Flops" 

Pour ce grand prix, il n'y a eu qu'un seul fait marquant concernant Robert Kubica : suite au cafouillage aux stands lors du déploiement du SC, Bob et ses pneus fraîchement installés s'échappent promptement du stand dès le retrait de l'homme à la sucette et percutent la Force India de Sutil. Il se retrouve avec une pénalité (stop & go) et finit sur un abandon. Il n'aura même pas effectué la moitié des tours.

Le gros flop revient une fois de plus (une fois de trop ?) à l'équipe McLaren qui n'en finit pas de dévaler la pente depuis quelques courses. Encore un week-end manqué donc pour les flèches d'argent (qui ne ressemblent plus vraiment à des flèches mais à des “traine la patte”). Suite à des qualifs moyennes voire plus, Hamilton est 5ème et Button en 11ème position ce dimanche. Si ce n'est pas si catastrophique pour Hamilton à vrai dire... pour Button, on n'est même plus déçus par ses tristes prestations, c'est dire !

Et en course, c'est pire !

Lewis Hamilton se fait passer par Petrov dès l'extinction des feux, mais finit par récupérer sa 5ème place. Il fait une course anonyme (et relativement moyenne comparé à ce qu'il nous avait habitué). Le pire reste à venir pour Lewis : il ne peut même pas finir sa course en raison d'un problème technique qui l'a forcé à laisser sa voiture sur le bas-côté. Fair-play, Lewis déclarera plus tard sans amertume que c'est la vie. Il perd très gros avec cet abandon puisque c'est tout simplement la tête du championnat du monde qui lui échappe.

Quant à Jenson Button, on ne sait plus quoi dire... Revenons simplement sur sa prestation : un départ lamentable. Il s'élance 11ème et se retrouve très rapidement 15ème... un vrai pétard mouillé ! Et rien - Fichtrement rien ! Un vrai trou noir ! - ne sera fait tout au long de la course pour redonner espoir et faire taire les mauvaises langues (ce que certains parmi nous sont sans complexe aucun). Button ressemble de plus en plus à un ersatz de Champion du Monde en titre. Qu'il s'accroche à ce titre 2009, car il ne semble vraiment pas en mesure d'aller en chercher un autre... à moins d'un malentendu ! Et une chose est sûre, sa saison 2010 est plus que pâlichonne. Bubu ne fait pas (ou plus) vibrer grand monde au sein de la rédaction !!!

Au final, la seule chose réussie ce week-end chez les British de McLaren est la "plantade". De toute beauté. Non seulement, Lewis perd la tête du championnat, mais en plus, l'écurie jusque-là en tête du championnat des constructeurs est reléguée à la 2ème place.

 

Le 2nd gros flop de ce week-en revient à l'écurie Mercedes. Entre une voiture sur 3 roues et un fou de volant, on peut dire qu'ils ont su créer l'"entertainment"...
Mais remettons un peu les choses dans l'ordre.

Nico Rosberg n'est pas trop mal placé sur la grille de départ (6ème). Il plante son départ (il est passé par Petrov) mais bon passons. Il fait une course très moyenne, ne parvenant pas à suivre le ryhtme de la Renault, jusqu'à ce que le SC entre sur le circuit. Faisant comme presque tout le monde, Nico rentre aux stands pour faire son changement de pneus et rentabiliser l'entrée du SC. Le changement s'opère. Il repart mais presque immédiatement, alors qu'il n'a pas parcouru plus de quelques mètres dans la pit-lane, une de ses roues décide de prendre le large. La Mercedes achève son (très court) trajet sur 3 roues pendant que la fugitive rebondit un peu partout.
Plus sérieusement, vous l'aurez compris, l'écrou n'avait pas été serré sur la fameuse roue. Faute ô combien considérable puisque, non contente d'avoir eu des conséquences très dommageables pour l'écurie allemande, elle en eût à bien des égards pour l'écurie Renault et l'écurie Force India (cf le résumé de la course) et accessoirement (ironie) pour un mécanicien Williams qui fût blessé mais sans gravité (ouf!). On ne le dira jamais assez, les stands sont un lieu sous haute-tension pendant un week-end de Grand Prix tant ce qu'il s'y passe nécessite de la concentration, de la précision pour ne pas dire de la perfection.

L'autre Mercedes n'est pas en reste. Michael Schumacher échappe aux soucis techniques mais cela ne l'empêche pas de faire une mauvaise course (on pourrait même dire une de plus). Pas de surprise puisque c'est ce à quoi il nous a habitué, avec une régularité proche d'une montre suisse, pendant la quasi-totalité de la saison.
Ce que nous déplorons d'une même voix ce week-end c'est son comportement. A 3 tours du finish, Barrichello, qui suit Schumi depuis une dizaine de tours, trouve enfin une ouverture pour le passer, il manœuvre donc à cette fin. Cependant, le Kaiser n'apprécie que ce manant ose une telle opération à son encontre et décide de l'en empêcher par tout moyen. Sauf que le moyen en question c'est de le serrer sur un mur et de l'entraîner dans l'herbe. Heureusement, Rubens a bien tenu le cap (et le vent... oui bon ok j'arrête) et s'en est sorti sans encombre devant Schumacher. Un comportement d'une dangerosité incroyable qui fût sanctionné par la suite par les instances de la FIA : 10 places de pénalité pour le Grand Prix de la rentrée (Spa-Francorchamps).

Notre bulletin de notes 

 

Bulletin-Hongrie.jpg

Par Aurore - Publié dans : Les analyses de FF1
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