Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /2010 15:00
     Le GP d'Allemagne 2010
~ Analyse de la course ~

Achtung, Achtung !!! (Attention, Attention !!!) Retour à Hockenheim pour ce GP d'Allemagne. Un GP très populaire, haut en couleurs (la faute au nombre énorme de pilotes germaniques : 6), au cours duquel se mélange le côté clinquant de la Formule 1 à un côté plus terre à terre. Un Grand Prix qui prouve que derrière les paillettes il y a aussi de l'authenticité. Malheureusement, ce Grand Prix ne restera pas dans les annales comme l'un des meilleurs. Une course assez décevante et plate, et à nouveau marquée par une polémique. Situation tellement récurrente qu'elle en devient banale, au point de se demander si la polémique ne serait pas en passe de s'imposer comme une incontournable tradition de la Formule 1... Schade. (Dommage.)


Nos "presque-Tops"


Faisant presque oublier les difficultés qu'elle a connues depuis le début, la mythique Scuderia revient aux avant-postes, en s'offrant un nouveau doublé cette saison, après le lointain succès de Bahreïn. Au-delà des polémiques (nous y reviendrons), nul ne peut nier que Ferrari était clairement au-dessus des autres sur tout le week-end.

Allemagne-domination-Ferrari

 

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Pendant les qualifs, Alonso s'illustre brillamment : il ne perd la pole que pour 2 millièmes et s'élance donc 2ème sur la grille de départ. Son équipier n'est pas loin, puisqu'il se place 3ème. En course, même constat : ils dominent. A l'extinction des feux, et alors que Vettel tente de bloquer Alonso, Massa s'approprie la tête de la course. Profitant de la « distraction » de Vettel, Alonso passe aussi ; et voilà les 2 chevaux italiens menant la danse jusqu'au finish. En effet, le seul spectacle du Grand Prix se résume rapidement à la lutte que se mène les 2 Ferrari. Alternativement, ils collectionnent les meilleurs temps au tour, aucun des deux ne semblant vouloir laisser l'avantage à l'autre. La lutte n'est pas de tout repos, ni pour Massa qui s'accroche tout en ayant un peu de mal avec sa monture qui chassait de l'arrière, ni pour Alonso qui, comme à son habitude, montre la facette la plus connue (mais pas la plus charmante) de sa personnalité, en s'agaçant dans sa voiture : il râle, il fulmine, il proteste.

Cela aurait pu durer jusqu’au drapeau à damier, avec pourquoi pas de nouvelles tentatives (vaines ou non) de dépassement. Oui mais voilà, Ferrari en a décidé autrement. Pour résumer, Massa, suite à un contact radio, décide, sans ordre - clairement - énoncé, de lever le pied et laisse passer son équipier, qui jusque-là, malgré sa vitesse, n'avait été en mesure de le dépasser (une seule tentative à son actif). Alonso se retrouve alors en tête, Massa 2ème ... Et voilà la polémique en route. En tout cas, de la descente de voiture au podium, ni l'un ni l'autre ne semblait se réjouir des circonstances. Pas de fanfaronnade pour Nano, pas de sourire de Felipe ... Il faut avouer qu’ils n’ont pas tout gagné finalement.

Ce pourrait être là notre seul « top » de la course … Bien sûr, certains pilotes ont semblé légèrement moins largués ce dimanche que lors des courses précédentes (Petrov, Schumacher, Hülkenberg par exemple). Mais, pas de coups d'éclat, qui mériterait un bon point, surtout que cela est probablement uniquement au caractère peu sélectif du tracé.

Allemagne-pole-VettelOh, bien sûr, en cherchant bien, il en est un autre pour qui ce fut presque bien en Allemagne. Et oui, quelque part c’est un week-end positif, grâce à une pole arrachée de justesse pour Vettel. En revanche, nouvelle déception pour Baby Seb' : départ totalement loupé ! A ne voir pas plus loin que le bout de son nez (et en l'occurrence en ne voyant qu'un seul rival : Fernando Alonso), Sebastian a légèrement oublié qu'il y avait 22 autres voitures derrière lui, avec quelques concurrents directs (notamment ceux de la 2ème ligne). Il se fait donc passer par Massa sur la gauche avant que l’autre Ferrari ne profite de son étonnement pour le passer, par la droite cette fois. Du coup, il se retrouve 3ème en quelques mètres. Et il l'est resté tout au long du Grand Prix n'arrivant pas à menacer les 2 Ferrari devant lui. Au final, c’est un podium. Pas si mal, non ?
Pourtant, on ne peut s'empêcher d'être à nouveau déçu par la prestation de l’Allemand. Encore une pole dont il ne tire pas profit ! Est-il seulement capable de réaliser un week-end parfait de bout en bout ? On finit par en douter... et par être plus qu'agacé par ce prodige protégé qui ne concrétise que trop rarement. A trop « incarner l’avenir », il va en rater son présent !

 

 

Tous nos "Flops", ou presque...

 

Webber n'est pas en reste pour cette course. Il nous a autant déçu que son équipier. Le week-end n'a certes pas été un fiasco total puisque lui et sa voiture terminent en un seul morceau (humour !), mais ce n'était pas folichon, folichon. Des qualifs pas trop mal, mais clairement en dessous des Ferrari et de son équipier, il s'élance dimanche 4ème sur la grille de départ. Après son changement de pneus, il sort de la pit-lane derrière Hamilton et pas moyen de doubler la McLaren juste devant lui. Clairement dépassé par les 5 premiers, il finit 6ème, et ce sans véritable raison apparente, ce qui est d’autant plus inquiétant. A noter toutefois qu'à sa décharge, il aurait eu un souci côté oléolat sur la course.

Notre véritable flop revient ce week-end aux 2 McLaren, après un week-end déjà chaotique en Angleterre. Toujours incapables de gérer les diffuseurs soufflés, les flèches d’argent semblaient plutôt en demi-teinte ce week-end, toutes les 2 placées sur la 3ème ligne lors du départ et finissant à la 4ème et à la 5ème place. A part, la superbe poussée d’Hamilton dans les 1ères minutes, la course fut aussi plate qu'une planche à repasser, et si de la part de Button ce n'est pas forcément une grosse surprise, à tort ou à raison, ça l'est de la part de Lewis qui n'a jamais vraiment fait montre du fameux flegme britannique lorsqu’il a un podium à portée de roues.

Pour Lotus, à peine une once de progrès depuis le début de la saison, et surtout une inquiétante stagnation depuis quelques courses. Et compte tenu de la vitalité des 2 voitures en course ce week-end, il ne semble pas que l'écurie se rapproche d'une quelconque phase de progression. A moins qu’ils n’y aillent très très très lentement (à l'image de la voiture de Trulli qui n'a même pas pu faire une séance d'essai en live) mais on ne s’aventurera pas à dire « sûrement » car on a du mal à y croire.

On passera sur les Virgin, pas vues, une nouvelle fois.

Juste un petit mot sur HRT. 2 voitures pour 3 pilotes visiblement. Et oui, c’était le 2ème coup d'essai (et visiblement pas le 2nd) chez HRT pour Yamamoto qui cette fois remplaçait Chandhok ... Bon euh comment dire ? Disons juste que malgré les apparences ce ne fut pas payant !!!

Week-end proche du chemin de croix pour les 2 voitures de l'écurie Force India, et ce dès les qualifs. Liuzzi ne fait que 3 tours et percute le mur des stands à pleine vitesse, perdant sa roue avant gauche qui rebondit sur la piste... Si Glock n'avait pas eu un bon réflexe pour l'éviter, il aurait pu se faire assommer, voire pire... Conséquence de ce crash, Liuzzi s’élance juste devant le pas-si-débutant Yamamoto et juste derrière Senna. Pas très glorieux pour la seule petite écurie vraiment prometteuse.
Sutil, lui, démarre 14ème. Les 2 voitures terminent la course avec 2 tours de retard. Leur premier score vierge depuis le GP de Chine. Espérons que cela ne soit pas le début de la fin des belles performances de cette écurie.

Il faut noter que Force India a de plus été sanctionnée pour avoir interverti les pneus de ses pilotes lors des arrêts aux stands. Liuzzi explique l'incident : "Il y a eu contact entre mon coéquipier Adrian Sutil et moi lors du premier tour, au 3e virage. Mon aileron avant a été gravement endommagé. Notre stratégie, c'était de rentrer aux stands immédiatement pour chausser les gommes dures. Nous sommes arrivés en même temps, alors j'ai dû attendre derrière Adrian.
Malheureusement, l'équipe a commis une erreur avec les pneus : un des siens s'est retrouvé sur ma voiture et vice-versa. Une fois de retour en piste, nous avons réalisé ce qui s'était passé. Il n'y avait pas d'autre choix que de revenir aux stands pour corriger le problème. Évidemment, lorsque vous faites deux arrêts lors des premiers tours, votre course est foutue."

 


Gros flop enfin pour Toro Rosso. Aïe Aïe Aïe... Saison difficile pour le petit suisse Buemi. Une nouvelle fois, sa course est brève. Ce dimanche, c’est son propre coéquipier Alguersuari qui le percute dès les premiers mètres de course, opérant un lifting radical sur la monoplace du Suisse : ablation de l’aileron arrière. Dommage, ça peut servir.
Petit message à Jaime : « quand on a de jolis yeux comme les tiens on se doit de les ouvrir, surtout quand on pilote une Formule 1... »

 

 

La polémique qui agite et divise (même chez Fémin-F1)

 

Pour bien faire il faut bien commencer, alors un petit retour en arrière s'impose pour poser l’histoire. Au 49ème tour, Massa a un contact radio avec son team. Et si l'on tente de retranscrire ce qu'il s'est dit, ça peut donner quelque chose comme ça : « Alonso est plus rapide que toi, tu confirmes? ».
Pas de réponse radio (apparemment car nous n’avons pas eu le loisir d’entendre cette communication) de la part de Massa, mais une réaction : arrêter d'accélérer pour laisser Alonso le passer... Ça ressemble à une consigne et ça a l’effet d’une consigne… mais pourtant, officiellement, ce n’est plus possible de faire des consignes… Non ?!

Il n'en fallait pas plus pour que Fémin-F1 (à l’unisson de tous les spectateurs, et malheureusement des blablateurs qui ne savent décidément faire preuve d’aucune retenue) crie au scandale !!! Là-dessus, nous sommes tous unanimes ! Cela a pourri l'intérêt sportif de ce Grand Prix. Les réactions immédiates ont été diverses, allant de ceux qui continuent de regarder en secouant la tête, déçus, ne trouvant plus d'intérêt à cette course, à ceux qui dans un accès de révolte ont coupé la télévision refusant d'en voir plus.

Après coup, et malgré cette indignation commune, des divisions au sein de la rédaction n’ont pu être évitées. Divisions qui pourraient se résumer en 2 positions (pour caricaturer, les pro-Nando et les « anti-Melonso ») qui sont en réalité bien plus complexes puisque des grands admirateurs de l’Espagnol, déçus voire écœurés, se sont montrés extrêmement critiques, d’autres plus magnanimes, pendant que ceux qui étaient déjà peu clients du personnage le fustigent et le méprisent dorénavant sans nuance, plus pour son attitude geignarde que pour la « consigne » d'ailleurs. En fait, pour tout vous dire, il y a autant d’opinions sur cette affaire que de personnes s’étant exprimées sur le sujet. Pas facile dans ces circonstances de vous résumer notre analyse… D’autant que même 3 jours après, la passion se mêle toujours à la raison.

Ceux qui défendent Alonso, et qui ne contestent absolument pas le mauvais caractère de l'hidalgo, bien au contraire, refusent cependant de lui faire porter le chapeau pour toute cette histoire. Certes, Nano est difficile à gérer, râleur, colérique, un sang chaud quoi ! Cependant, il a toujours été comme ça selon eux, mais c'est plus flagrant cette année que lors de ces années Renault (on ne reviendra pas sur l’épisode risible McLaren), parce que Ferrari semble incapable de tenir son pilote, acceptant tous ces caprices et coups de gueule vraisemblablement plus par crainte que par respect pour l’opinion de leur pilote. Décidément, rien ne semble plus tourner rond à Maranello !

Opinion concordante à la précédente, il y a ceux qui fustigent principalement Ferrari (incapable de tenir son pilote titré, Ferrari castratrice...) et qui n'en reviennent pas que l'écurie fasse encore ce coup-là après le Grand Prix de Zeltweg en 2002 ; et l'interdiction des consignes qui s’en est suivi après l’énorme scandale suscité cette année-là.

Petit rappel : Barrichello avait reçu la consigne de son team de laisser passer Schumacher, alors que le Brésilien était bien meilleur que l'Allemand sur cette course et sur l'ensemble du week-end, et alors qu'il s'agissait du début de la saison, que l'enjeu n'était que de 4 points et que Schumacher était déjà bien en tête du championnat.

Ceux qui pointent Ferrari du doigt insistent particulièrement sur le fait que Fernando avait certainement les capacités de dépasser à la loyale son équipier, étant plus rapide que lui, et qu'il aurait très bien pu en avoir l'occasion vu les petites faiblesses que Massa pouvait montrer par moment. (cf. les tops).

A l’opposé, ceux qui fustigent Alonso, le trouvent tout aussi minable que le procédé utilisé pour obtenir la victoire de l'Espagnol. Pour eux, le « petit » Nano (c’est dire s’ils le trouvent petit) n’est qu’un pleurnichard, un enfant gâté, capricieux. Même si le mot n’a pas été prononcé, pour certains, il est aussi un « tricheur » (après tout, Alonso lui-même a ainsi qualifié Lewis au Grand Prix d'Europe) ; un sentiment qui n’a pas pour origine cette seule course, mais l’ensemble de l’œuvre de l’Espagnol, impliqué dans pas moins de 3 scandales ces 4 dernières saisons (l’affaire d’espionnage Ferrari / McLaren, le crashgate et maintenant l’affaire de la « consigne »), sans oublier d’autres épisodes peu glorieux, par exemple les qualif du GP de Hongrie 2007 où il avait volontairement empêché Hamilton d'effectuer son dernier tour rapide en le bloquant devant son garage. Attitude immature pour se venger de son équipier qui l’avait provoqué en début de séance.

Au sein de ces différentes positions, il y a ceux qui partagent une opinion commune et imputent (en partie) la faute à Massa qui, très bien dressé par l'écurie, a compris le « message » de son team et a abdiqué sans protestation. Lors des discussions au sein de notre équipe, il y a même eu beaucoup de mots durs exprimés à son encontre. Une résonnance à la grande, l’immense, l’amère déception envers le Brésilien que beaucoup auraient aimé voir se battre pour sa première place, lui, qui revenait d'entre les morts, aussi bien littéralement que métaphoriquement parlant. Bien sûr, sa déception, sa frustration, sa rancœur étaient lisibles à la descente de sa voiture et sur le podium. Mais à quoi cela sert-il ? Avoir l'esprit « corporate » c'est bien, mais il ne faut pas s'oublier non ? Et qu'est-ce que cela lui apporte au final ? Mais que se passe-t-il dans sa tête ? Autant d'abnégation... ça forcerait presque une forme de respect.

Une fois toutes ces opinions exprimées, et cela sans entrer dans les détails, nous devons confesser que presque tout le monde au sein de Fémin-F1 est malheureusement atteint de schizophrénie. En effet, même en étant dégoûté, et quelque soit le camp choisi, la plupart de nos membres reconnaît l'utilité de cette « manœuvre » pour l'écurie, puisqu'il s'agissait de relancer son meilleur cheval dans la course au titre. Cela n'est donc pas comparable avec la guerre intestine chez RedBull (bah oui Seb et Mark sont tous les 2 véritablement dans la course pour le championnat, eux) ou avec les circonstances de Zeltweg 2002 (cf. le petit rappel ci-dessus).

De plus, certains n’hésitent pas à critiquer ouvertement cette interdiction des consignes. Entre hypocrisie et application impossible, la prohibition des consignes d’équipe, si louable dans son esprit, leur semble paradoxalement être aussi une porte ouverte à des consignes encore plus masquées, qui passeraient donc inaperçues, et seraient donc potentiellement plus dangereuses encore pour l’esprit du sport.

Pour conclure sur la « consigne », s’il est vrai que l'écurie n'a pas dit textuellement à Massa de laisser passer Alonso, le passif de l’écurie et la transparence du message nous amène à croire qu’il s’agit bien là d’une situation volontairement provoquée  et forcément évoquée au préalable pour que la réaction de Massa ait été aussi prompte.

En tout cas, et dans l'attente de la tenue d'un Conseil Mondial qu'elle a convoqué, la FIA a condamné l'écurie à une amende de 100 000$...

La suite au prochain épisode.

 

 

Le bulletin de notes

Bulletin Allemagne 2010

Par Aurore (et Marie) - Publié dans : Les analyses de FF1
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