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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 21:40
David Coulthard et Rubens Barrichello :
carrières en clair obscur



En 2009, ni David Coulthard, ni probablement Rubens Barrichello ne seront sur les grilles de départ. A eux deux, ces pilotes ont une carrière de plus de 30 ans, 514 grands prix et 22 victoires. Même s'ils ne sont pas devenus champions du monde, ils ont incontestablement marqué une génération en jouant souvent aux avant postes. Les différences entre eux ne manquent pas, mais les similitudes non plus : portraits croisés...


Le jeudi précédant le Grand Prix du Brésil 2008, tous les pilotes sont réunis sur la pit-lane pour rendre hommage à David Coulthard. Comme il l'a annoncé quelques mois plus tôt, "Gentleman David" s'apprête à mettre un terme à sa longue carrière. Le vétéran écossais sort d'une saison particulièrement difficile au cours de laquelle il n'a pas beaucoup brillé et a été victime de plusieurs accidents violents. Conscient de faire la saison de trop, il préfère sagement passer la main. Alors qu'il évolue à domicile, Barrichello, lui, n'a pas le droit à sa petite fête d'adieu. Et pour cause, il n'en veut pas. Le Pauliste a même choisi de rendre hommage à son compatriote Ingo Hoffmann, roi des circuits brésiliens sur le point de prendre sa retraite, en portant un casque à ses couleurs. Le geste a quelque chose d'incongru, comme s'il ignorait que la retraite dont tout le monde parle dans le paddock, c'est la sienne. Piégé dans une écurie Honda à la dérive, Barrichello fait lui aussi l'année de trop, mais refuse de l'admettre. Pas d'hommage donc, et l'indifférence d'un public brésilien qui n'a d'yeux que pour Felipe Massa en qui il espère voir le successeur d'Ayrton Senna.


Des débuts prometteurs qui peinent à se concrétiser


Succéder à Ayrton Senna, c'est pourtant ce qui était promis à Barrichello 14 ans plus tôt. Pris à ses débuts sous l’aile du champion brésilien, le prometteur Rubens avait été pro clamé "héritier" par un peuple encore ivre de chagrin suite à la mort de Magic le 1er mai 1994. La mort de Senna, c'est également ce qui avait permis à Coulthard, alors pilote essayeur de l'écurie, de faire ses débuts dans la discipline reine. Se glisser dans le baquet de la Williams du triple champion, un piège dont le jeune Ecossais s'était acquitté avec brio, au point de rapidement s'imposer comme l'un des plus solides espoirs de sa génération, tout comme Barrichello.

Les saisons suivantes des deux jeunes hommes sont plus contrastées et ils pèchent par leur irrégularité, même si leur talent n'est pas mis en doute. Chez Jordan, Barrichello semble parfois se perdre dans un costume de "nouveau Senna" trop grand pour lui et il faut attendre son passage chez Stewart de 1997 à 1999 pour le voir retrouver toute sa sérénité. De son côté, Coulthard alterne le bon et le moins bon chez Williams (une victoire en 1995 mais 8 abandons !) puis McLaren.


Une voiture pour le titre, mais pas de chance véritable


Pour les deux hommes, l'heure de vérité sonne lorsqu'ils touchent enfin un volant susceptible de leur permettre de jouer le titre mondial : en 1998 pour Coulthard avec la première McLaren conçue par le génial Adrian Newey, en 2000 pour Barrichello lorsqu'il rejoint la Scuderia Ferrari.

Au moins aussi performant que son coéquipier Mika Hakkinen depuis le début de leur collaboration chez McLaren, Coulthard a en théorie toutes les armes pour viser le titre suprême. Pourtant le rapport de force entre les deux hommes bascule dès le premier GP de la saison 1998 en Australie lorsqu'il accepte de rendre à Hakkinen la première place que le Finlandais avait perdu suite à une erreur de communication avec son stand. Sans le savoir, par ce geste, Coulthard s'enferme dans un rôle de lieutenant dont il ne parviendra jamais à se défaire les années suivantes. Et tandis que Hakkinen rafle deux titres mondiaux consécutifs, il doit lui se contenter des miettes. Sans doute Hakkinen était-il plus talentueux que Coulthard, mais l'Ecossais pourra longuement méditer sur ce qu'aurait été sa carrière s'il n'avait pas loyalement accepté de mettre son coéquipier dans les meilleures dispositions.


Barrichello, lui, sait très bien dès son arrivée chez Ferrari qu'il est là pour jouer les lieutenants de Schumacher. Dans son esprit, subsiste néanmoins l'espoir de jouer sa carte personnelle, d'être comme il le dit "un caillou dans la chaussure de Schumacher". Il n'en sera rien, et Barrichello ne sera qu'un coéquipier bien discipliné comme d'autres avant lui. Mais là où dans un même rôle Coulthard saura dissimuler ses états d'âme, Barrichello, lui, n'hésite pas à se poser en victime, comme à l'issue de la mascarade du Grand Prix d'Autriche 2002 (Barrichello dominait la course mais, sur ordre de son stand laissa passer Schumacher qui luttait pour le titre dans le dernier tour). Pourtant, n'avait-il pas quelques semaines plus tôt prolongé son contrat en pleine connaissance de cause ?


Si Barrichello reste fidèle à Ferrari, c'est aussi parce qu'on lui fait miroiter la perspective d'être le futur n°1 de la Scuderia après le départ de Schumacher. Mais fin 2005, comprenant que son tour ne viendra jamais, il quitte l'écurie italienne un an avant le terme de son contrat.


Coulthard aussi espérait sans doute voir son horizon s'écla ircir avec la retraite d'Hakkinen fin 2001, mais sitôt Mika parti, "DC One" commence à sentir dans son dos le souffle glacé d'un autre Finlandais, Kimi Räikkönen. Si en 2002, il parvient à garder l'avantage sur son équipier c'est surtout grâce aux ennuis mécaniques récurant de ce dernier. En 2003 alors que Kimi voit s’échapper le titre mondial pour 2 points, David lui concède 40 points de retard : sa chance est passée. Ron Dennis, son patron n'y croit plus et préfère se tourner vers des jeunes loups. De manière peu élégante, il lui signifie un an à l'avance son remplacement par Juan Pablo Montoya en 2005.


De nouveaux défis


Après leurs départs de Ferrari et de McLaren, Barrichello et Coulthard trouvent respectivement refuge chez Honda et Red Bull, avec des ambitions différentes.

Avec Honda, Barrichello s'imagine rejoindre un top-team dans lequel il pourra jouer sa carte personnelle au championnat, mais il tombe dans une structure complètement désorganisée dont les résultats n'auront de cesse de décevoir trois saisons durant. De son côté, Coulthard ne se fait guère d'illusions sur les capacités du Red Bull Racing et accepte de partager son expérience tout en se contentant de bagarres anonymes dans le ventre mou du peloton. L'Ecossais à la barbe grisonnante devient en outre une sorte de grand frère pour les jeunes pilotes et, très actif au sein du GPDA, n'hésite pas à monter au créneau et à s'opposer au pouvoir sportif.

Homme apaisé et conscient d'avoir marqué la F1 malgré l'absence de titre suprême, il vit ses dernières années de pilote de F1 en toute décontraction et peut se retirer sereinement pour savourer les joies d'une nouvelle vie auprès de la belle Karen et de son jeune fils Dayton.

Tout le contraire de Barrichello, qui refuse de tourner la page et persiste à s'imaginer un destin en or: "Je peux toujours être champion du monde, je suis plus performant que je ne l'ai jamais été" déclarait-il en décembre dernier. Mais qui l'écoute encore ?


  Carrières en Formule 1
Rubens Barrichello
 (né le 23 mai 1972 à São Paulo, Brésil)
 
David Coulthard
 (né le 27 mars 1971 à Twynholm, Écosse)
 
Saisons : 16 (de 1993 à 2008)
Participations en Grand Prix : 271
Victoires : 9
Points marqués : 530
Poles Positions : 13
Podiums : 62
Meilleurs tours : 15
Abandons : 91
Saisons : 15 (de 1994 à 2008)
Participation en Grand Prix : 247
Victoires : 13
Points marqués : 535
Pole Positions : 12
Podiums : 62
Meilleurs tours : 18
Abandons : 81
Par Thibaut et Marnie - Publié dans : Hors piste
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