Lundi 29 décembre 2008

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Les désillusions d'un Français en F1


Dans les bras de son directeur sportif Franz Tost, Sébastien Bourdais retient tout juste ses larmes. A quelques virages de l'arrivée du Grand Prix de Belgique 2008, et à l'issue d'une prestation parfaitement maîtrisée, il le tenait son podium. Sur une piste de plus en plus humide, il n'a malheureusement pas su résister au rush final de ses concurrents et a finalement coupé la ligne à une triste septième place. Talent, malchance, manque de confiance, prudence excessive, puis immense déception, toute la saison du Français est résumée en quelques centaines de mètres.

Sébastien en F1... enfin !


Rarement un pilote avait autant attendu pour obtenir une place dans la discipline reine. Près de 6 années s'étaient écoulées entre son premier test en F1 sur une Arrows à l'été 2002 et ses débuts en Grand Prix au volant d’une Toro Rosso.

Rarement un pilote avait été autant attendu. Fort de ses quatre titres consécutifs en Champ Car, il portait sur ses épaules les attentes de toute la France du sport automobile, sevrée de pilote de F1 à temps complet depuis la retraite d'Olivier Panis, et impatiente de faire ravaler à Briatore ses réflexions désobligeantes à répétition sur le niveau des pilotes tricolores.


La saison du pilote français commence d'une manière presque idéale. En Australie, bien que qualifié en fond de grille, il met à profit une course chaotique pour se hisser en cinquième position et s'offrir le luxe de résister crânement à la Renault d'Alonso et à la McLaren de Kovalainen. Une casse moteur près de l'arrivée transforme la cinquième position en septième place, mais personne n'y voit alors le présage de ce qui sera une saison de galères. La Formule 1, qui semblait avoir des œillères lorsque Bourdais dominait le Champ Car, découvre un pilote rapide, solide, et au bagage technique complet. Cerise sur le gâteau, le Manceau n'est pas un adepte de la langue de bois en vigueur dans le paddock. Le verbe clair et assuré, il n'hésite pas à confier son ressenti au volant de la monoplace avec force explications techniques.

Bourdais et la Formule 1 : Une courte lune de miel


16 avril 2008 à Barcelone, Bourdais prend en main la Toro Rosso STR3, dernière née de l'écurie italo-autrichienne. Il ne tourne pas longtemps avant de détruire sa monoplace contre un mur de pneus. Entre la STR3 et son pilote, c'est le début d'un malentendu qui ne sera jamais totalement aplani : « Chaque pilote a son style de pilotage et le mien ne convient pas très bien aux caractéristiques de la voiture. Il est très compliqué de s'habituer à cette voiture. Je souffre de sur-virage dans les courbes rapides et de sous-virage dans les virages lents » expliquera plus tard Bourdais. Apparaissent également les premiers nuages dans les relations entre le Manceau et son équipe ; celle-ci exprime publiquement son agacement de voir son programme technique prendre plusieurs semaines de retard.

Bourdais est dominé en piste...

Le premier adversaire d'un pilote est son coéquipier. Annoncé comme le nouveau Schumacher, Sebastian Vettel réalise un début de saison discret dans l'ombre de Bourdais. Tout change à partir de l'introduction en course de la STR3 et du Grand Prix de Monaco où le jeune Allemand rallie l'arrivée à une belle cinquième place tandis que Bourdais se met dans un rail au plus fort de l'averse. Pour le Français, c'est le début d'un été pourri au cours duquel il multipliera les prestations de faible niveau. Dominé en vitesse pure par Vettel lors des qualifications, transparent voire résigné en course, il semble incapable d'inverser la tendance.

... et dénigré dans son équipe !


Quant à ses qualités de communicant, louées à ses débuts, elles se retournent contre lui et ses employeurs s'agacent de plus en plus de sa propension à se plaindre de sa voiture, pourtant si bien exploitée par Vettel, sans se remettre lui-même en cause. A Silverstone, interrogé sur les difficultés de son pilote, Franz Tost lâche froidement: « Il faut juste qu'il trouve l'accélérateur. » Quelques jours plus tôt, c'est Helmut Marko, l'éminence grise de Mateschitz, qui avait envoyé un véritable missile en direction de Bourdais au moment d'aborder la question des transferts : « Je ne sais pas si on peut faire confiance à Gerhard Berger pour choisir les pilotes 2009 de Toro Rosso. Il croit encore que Bourdais est bon, c’est tout dire ! » Des propos cinglants qui rappellent que dès son arrivée, Bourdais s'était retrouvé en terrain miné. La Scuderia Toro Rosso est une écurie complexe, composée de clans aux intérêts parfois antagonistes et le recrutement de Bourdais était surtout l'idée de Gerhard Berger, séduit par le Manceau lors des essais réalisés courant 2007. Mais dans le clan Red Bull, il était surtout vu comme un pilote étranger à la stratégie marketing de la marque.

Sursaut positif en fin de saison : nécessaire... mais suffisant ?

La traversée du désert de Bourdais s'achève à Valence. Ce Grand Prix correspond au bond en avant de l'ensemble de la Scuderia Toro Rosso, et pour Bourdais, à une meilleure adéquation de son pilotage à sa monoplace. Pour la première fois de la saison, il parvient à se hisser dans la dernière partie des qualifications. Néanmoins, pour le Français, enfin à la hauteur de sa réputation, s'ouvre alors la période des occasions manquées. En Belgique, il touche du doigt le podium mais s'écroule dans le dernier tour. Pour expliquer sa timidité dans la bagarre des derniers virages, il met en av
ant les incertitudes autour de son avenir et la fragilité de sa position au sein de l'écurie.

En Italie, qualifié en deuxième ligne, il cale dès le lancement du tour de formation et assiste avec une boucle de retard au sensationnel succès de Vettel. Au Japon, parti pour inscrire des points tout en dominant Vettel, il est victime d'une pénalité injuste suite à un accrochage avec Felipe Massa. Enfin, en Chine et au Brésil, il perd toute chance de bien figurer après s'être frotté de trop près à Jarno Trulli.

Bourdais en 2009 ?

Le bilan en fin d'année est plus que mitigé. La comparaison avec Vettel s'avère cruelle, mais Bourdais, après avoir longtemps tâtonné, a donné le sentiment de terminer la saison sur une trajectoire ascendante. Suffisant pour mériter une deuxième chance si l'on se base sur des critères purement sportifs, mais la F1 n'est pas qu'un sport. L'espoir maison Sébastien Buémi quasiment assuré d'être titularisé, et Toro Rosso lorgnant avec gourmandise sur les valises de yens promises par Takuma Sato, les chances de revoir Bourdais sur les grilles en 2009 sont minces.

par Thibaut publié dans : La saison 2008
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Commentaires

Très beau dossier.
Tout à fait d'accord, il manque de chance... Mais il a le talent ! La preuve, à Monza...
Bonnes fêtes de fin d'année !!!
Commentaire n° 1 posté par jg56 le 29/12/2008 à 20h22
il est parfait cet article,c'est exactement ca,esperons qu'une bnne nouvelle tombe pour notre SEB
SEB.................c'est bien
BOURADIS.......c'est mieux!!!!
Commentaire n° 2 posté par sonia le 30/12/2008 à 16h31
Bonjour,

Je cherche à partir au grand prix F1 Barcelone pour 4 jours vers 10 mai 2009.
j'ai cherché sur les sites des compagnies Low Cost: un vol au départ de Bruxelles à destination grand prix de f1  Barcelone.
j'ai vu ce site http://www.mipsotour.fr/formule-1.html
Connaissez vous d'autres agences de voyages qui le proposent
Merci pour vos réponses.
Commentaire n° 3 posté par tea31 il y a 4 jours à 14h05
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