Samedi 6 décembre 2008

Honda : le rêve tourne au cauchemar


Vendredi 5 décembre 2008 au matin, les fans de F1 sur le vieux continent se réveillent avec l’annonce du retrait de la compétition de l’écurie Honda. « Coup de bambou », « bombe », « tsunami », « choc », « surprise », tout le champ lexical de la stupeur y passe, tant dans les grands médias que sur la toile ! Pourtant, une fois la surprise passée, ne peut-on se dire que le retrait de l’écurie Nippone était finalement plus ou moins prévisible ? Il suffit de mettre en liaison les temps de crise que connaissent les constructeurs automobiles et les piètres résultats que connaît l’écurie depuis ses débuts en 2006 pour se rendre compte des grandes difficultés rencontrées par Honda.
Depuis quelques mois déjà, des voix s'élevaient, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du monde de la F1, pour avertir que la crise financière mondiale risquait de se propager jusqu'au plus au niveau de la compétition automobile. Les premiers signes furent la disparition pour raisons financières de grand-prix pourtant anciens et appréciés (Canada, France) et la menace qui plane sur d'autres (Allemagne). Dans une discipline gourmande en dollars, euros ou yens, il était évident que des problèmes allaient surgir pour les constructeurs engagés.

Honda : départ précipité ou chute annoncée ?

Pour en revenir au cas Honda, la crise économique n’est vraisemblablement que la partie émergée de l’iceberg. D’autres raisons entrent en jeu. Sans sponsor-titre, l’écurie a grevé son budget pour la construction d’une soufflerie à l’échelle 1 et pour le développement du système KERS. Fragilisée par ce manque de soutien financier, l’espoir était pourtant de retour avec l’annonce de l’arrivée d’un gros sponsor : le pétrolier brésilien Petrobras. Visiblement, ça n’a pas suffit aux dirigeants de l’entreprise nippone. En effet, si boucler le budget était un problème, les résultats de l’écurie ont certainement été le handicap majeur de l’écurie. Régulièrement reléguées en fond de grille , incapables de se battre avec le concurrent direct Toyota, avant-dernières au championnat, les monoplaces Honda n’ont vraiment pas fait briller le nom de la marque sur les circuits. Logique donc que, pour assainir les comptes et rassurer dirigeants et actionnaires, le constructeur se soit séparé de son écurie comme d’un fruit pourri.

Logique, mais dommage…

Imaginer une grille avec seulement 18 voitures à Melbourne à un peu plus de 100 jours du départ est des plus attristants.

Attristant de se dire que nous ne reverrons peut-être plus Jenson Button. Attristant également de penser que l'arrivée de Bruno Senna en F1 est sérieusement compromise. Le jeune pilote brésilien avait en effet parié sur Honda pour son arrivée dans la cour des grands : "Honda est une entreprise à laquelle j’aimerais associer mon nom car j’aime leur façon de faire les choses" avait-il récemment déclaré au magazine F1-Racing.


Concernant le pilote anglais, il a avoué avoir été choqué par l’annonce du retrait de Honda "Les premières heures après cette annonce ont été les plus douloureuses". Il tente malgré tout de rester positif.

D’un point de vue des transferts, ce retrait signifie potentiellement 2 (voire 3 ou 4 si on rajoute Barrichello et Di Grassi) candidats de plus pour un baquet chez Toro Rosso qui ne manquait déjà pas de candidats, les 3 plus sérieux étant Bourdais, Buemi et Sato selon les dernières rumeurs. Il y aura donc forcément des déçus !

Déçus aussi, les 750 employés de l’écurie Honda doivent l’être assurément. Ils ne doivent pas envisager l’avenir avec optimisme malgré les déclarations qui se veulent rassurantes de David Butler, Nick Fry ou encore Ross Brawn.

Optimisme de façade ?

"Nous évaluons les options. Le management de l’équipe, dirigé par Nick Fry et Ross Brawn, est profondément impliqué dans la sécurisation de l’avenir de l’équipe et nous sommes engagés dans la recherche d’un nouveau propriétaire de l’équipe en accord avec les grandes attentes qui étaient les nôtres pour 2009" a confirmé le directeur du marketing Honda, David Butler, dans une lettre adressée à la presse.

"Ces douze dernières heures, nous avons déjà été contactés par trois personnes sérieuses qui désirent acheter l'équipe. Nous avons donc toujours bon espoir d'être sur la grille de départ à Melbourne. Il y a 700 personnes qui travaillent pour l'équipe et pour l'instant tout se passe comme d'habitude," affirme Nick Fry, qui ajoute "Notre situation est complètement différente par rapport à d'autres équipes qui avaient précédemment quitté la F1. Notre équipe a des bases très solides. Notre équipe est l’une des mieux financées, elle est parmi celles qui ont les meilleurs atouts du plateau. Nous avons un groupe de personnes fantastiques et bien sûr une voiture conçue par Ross Brawn."

Ce matin, Ross Brawn a quant à lui annoncé qu’il continuait à tester des pilotes pour le second baquet de l’écurie et ainsi devenir l’équipier de Button (alors que dans le même temps Honda affirme être prête à le libérer s’il trouve une autre place). Rubens Barrichello et Bruno Senna sont donc toujours en lice au cas où l’écurie trouverait un repreneur.

Une annonce qui résonne comme une note d’optimisme bienvenue… même si on ne peut s’empêcher de rester sceptiques et d’attendre avec inquiétude les prochains développements de cette affaire pour y voir un peu plus clair.

En attendant, the show must go on !
Prochains rendez-vous en piste des monoplaces : du 9 au 11 décembre, puis du 15 au 17 décembre sur le circuit andalou de Jerez. 



Par D'in et Marnie - Publié dans : News générales sur la F1
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