Mardi 13 mai 2008
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Opération Formule Rose


Chapitre 16 : Eleana en toute simplicité

A l’issue du GP de Bahrein, le Fémin-F1 Team dispose de trois semaines pour préparer son débarquement en Europe avec les essais privés et le prochain GP en Espagne. Les pilotes en profitent pour prendre quelques jours de repos bien mérités chez eux. C’est l’occasion choisie par un grand quotidien sportif argentin pour réaliser un portrait d’Eleana Giambelli. Un envoyé spécial vient donc à sa rencontre en Italie.

Il est encore tôt ce samedi matin quand le journaliste arrive sur la Piazza del Plebiscito. La ville de Naples se réveille à peine, mais déjà les premiers touristes flânent et les commerçants aménagent leurs terrasses sous les immenses arcades entourant le Palais Royal. Si le soleil est bien présent, il peine à réchauffer l'atmosphère. La température est tout de même agréable ; bien assez agréable pour se balader dans les rues de la cité.


Installée à une table, Eleana Giambelli regarde la grande place se remplir tout en sirotant un chocolat et en discutant au téléphone avec Priss.
-" Je crois que c'est lui... Souhaite-moi bonne chance. "
-" Tout va bien se passer. Je te fais confiance ! Tiens-moi au courant. S'il y a le moindre souci, tu m'appelles ! Sinon, on se voit la semaine prochaine. "

La jeune femme inspire profondément, pose ses lunettes noires sur la tête et dévisage l'homme qui se dirige d'un pas gauche vers elle. Il porte une veste grise et épaisse. Une sacoche énorme pend sur le côté. Il a le teint pâle, le regard d'un homme fatigué. Bref, il paraît aussi à l'aise qu'un autochtone et aussi décontracté qu'un touriste. Il semble perdu et poussé par une force inconnue vers la belle italienne.

-" Bonjour, Miss Giambelli, je me présente, Macario Del Peregrin, journaliste au Hoja de Deporte. Nous avons rendez-vous. "
-"En effet. Bienvenue chez moi. "

Après avoir échangé les amabilités d'usage et partagé un croissant, Eleana et Macario se dirigent vers la grande galerie marchande. La jeune femme détaille les vitrines avec un œil aiguisé. Le journaliste, quant à lui, dégaine son carnet de note et griffonne des commentaires à toute allure. L'interview peut commencer.

Comment avez-vous découvert la F1 ?
Oh j'ai toujours connu la F1. Je regarde depuis toute petite avec mon grand frère et mon père. Depuis mes débuts en compétition de karting je veux courir en F1, c'est le rêve de tous les jeunes pilotes.

Comment vos parents ont-ils réagi ?
C'est banal à dire mais ils m'ont toujours soutenu, même s'ils ont été surpris dans un premier temps quand j'ai commencé à battre mon frère sur la piste !


Vous encourageaient-ils à courir ?
Ils ne m'ont jamais poussé. Ce n'est pas une carrière facile pour une fille vous savez, mais je sais que c'est ma place et ils sont à mes côtés. Mon grand frère par contre m'obligeait à me surpasser, il ne voulait pas être le seul gars à se faire battre par une fille !!


Macario ne peut s'empêcher d'admirer l'allure de la belle. Habillée d'un long haut blanc avec une ceinture soulignant sa poitrine, d'un pantacourt et de chaussures ouvertes, Eleana est parfaitement à l'aise dans sa tenue estivale.

Quelle était la réaction des garçons quand ils vous voyaient grimper dans une monoplace ?
J'ai eu droit à toutes sortes de réactions, des commentaires machos ou des encouragements en passant par une indifférence méprisante. Même si j’aimerais pouvoir dire que je suis passée outre dès le début, je dois admettre que les commentaires désobligeants m’ont blessée. En progressant, je me suis affirmée et j’ai acquis la certitude que la course est faite pour moi. J’ai alors appris à me servir positivement de ces remarques pour en faire une motivation supplémentaire. Mon entourage m’encourage d’ailleurs dans cette voie en ne m'épargnant aucune remarque positive ou négative. A moi de leur montrer à tous qu’ils ont tort et de prouver qu’une fille peut réussir dans la course automobile sans jamais oublier l’essentiel : le plaisir !


Justement, que répondriez-vous à ceux qui estiment que les femmes n'ont pas leur place en F1 ?
Je réponds sur la piste, maintenant que j'en ai la possibilité. C’est la meilleure des réponses. Rien ne sert de discuter avec ces petits esprits. Je préfère la démonstration à l’argumentation stérile.


Y a-t-il un pilote (passé ou actuel) que vous admirez ?
Gilles Villeneuve est une légende en Italie. Je suis née après sa mort mais je connais son palmarès sur le bout des doigts, j'ai vu ses courses c'était un très grand pilote ! Et puis il y a aussi Lella Lombardi la seule femme à avoir marqué un point en F1.


Et que vous détestez ?
Si je cite des noms je vais me faire des ennemis ! Détester, le mot est fort. Disons que je n'ai pas apprécié les commentaires de certain à propos d'une femme en F1. (Dans un éclat de rire) Oh mais j'allais oublier, il y a bien sur Alban Rostand, cet incorrigible farceur !


Racontez-nous vos deux victoires en GP2.

J’ai remporté ma première course à Magny-Cours. Le week-end s’était très bien passé, nous avions bien travaillés jusque là et je me sentais en pleine confiance. Je dois avouer que ce fut une victoire assez facile, je n’ai pas rencontré de difficulté particulière, tout se passait parfaitement. Une fois franchie la ligne d’arrivée j’ai vraiment pris conscience de ce qu’il m’arrivait et j’ai pris un grand plaisir sur le podium. Toute mon équipe était ravie !!!
La deuxième, à Monza, me tient plus à cœur. J’avais vraiment envie de réaliser un bon week-end chez moi en Italie. Je me suis donc battue pour être au meilleur de la voiture. La course fut plus dure, mais j’avais une telle envie de réussir dans mon pays que ma volonté à pallier les quelques défaillances de la voiture. C’est réellement un de mes meilleurs souvenirs en course.

Eleana s'arrête devant une vitrine pour admirer une robe à la teinte rouge vermillon.
" Qu'en pensez-vous ? " demande-t-elle.
" C'est une jolie couleur. D'ailleurs...


Ferrari est une marque mythique en Italie. Depuis Nicolas Larini en 1994, il n'y a pas eu de pilote italien en rouge. Est-ce un rêve pour vous ?
Oui et non. Tout italien à une tendresse particulière pour la Scuderia et tous les pilotes rêvent de cette écurie mythique mais je ne suis pas obnubilée par cette envie. Et puis j'ai été tellement bien accueillie dans le Fémin-F1 team que je me vois bien faire un bout de chemin avec !


Puisque vous en parlez, j’aimerais en savoir plus sur votre écurie. Comment décririez-vous votre équipe ?

Jeune et féminine ! Mais ce qui est surtout remarquable, c'est le travail fourni par chacun pour qu'on progresse... Tant que la nuit n'est pas tombée, vous trouverez toujours quelqu'un à l'usine ou sur le circuit en train de travailler. C'est agréable ! Je suis sure qu'on va progresser rapidement...

Pour en revenir à l’Italie, Alberto Ascari a été le dernier champion du Monde de F1 italien, ça remonte à 1953 ! Qui sera le prochain, d'après vous ?
(Avec un sourire qui en dit long) Les jeunes pilotes italiens ne sont pas nombreux en F1 pour le moment… Mais au moins l’Italie reste très présente en F1, tant côté écurie que chez les pilotes !


Justement parlons de vos compatriotes.
Discutez-vous avec Jarno Trulli et Giancarlo Fisichella ?
Jarno est un ami de très bon conseil ! Nous nous voyons parfois hors des circuits et j'adore son vin ! En revanche, je connais très peu Fisichella. Je ne l'ai croisé que quelques fois dans le paddock de GP2, mais il m'a quand même félicité pour mon arrivée en F1.

Alban Rostand a déjà une expérience de la F1. Comment se passe vos relations avec lui et le reste de l'équipe ?
Alban est un sacré numéro mais en débrief il est toujours très professionnel. D'un commun accord nous avons décidé de tout partager pour progresser le plus vite possible, ce n'est pas comme si on se battait pour le titre… l'union fait la force. L'équipe est jeune, peu expérimentée alors on apprend ensemble : c'est un challenge très motivant.


Que pensez-vous des performances de votre FF140 ?
Ce n'est pas la révélation de l'année, le châssis date un peu mais on progresse et j'attends avec impatience la FF148 !


Quel est votre objectif pour cette saison ?
Terminer un maximum de course et montrer que je mérite ma place en F1.


Comment préparez-vous les Grand Prix ?
J'étudie les tracés avec mes ingénieurs, je « pilote » sur des jeux de simulation vidéo pour les apprendre et j'écoute attentivement les conseils que l'on me donne.

Vous ne souffrez pas trop de la pression ?
Il faut apprendre à la gérer. Mon secret c'est ma bande pote qui m'aide à relativiser et à garder les pieds sur terre.


Être une femme vous apporte-t-il des avantages ?
On me tient souvent la porte dans le paddock et j'ai un pit-boy !

Des inconvénients ?
(Sourire malicieux) Casque et cheveux long ne font pas bon ménage, ils sont désespérément aplatis et électriques : une horreur !


Quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux jeunes femmes qui voudraient vous imiter ?
Il faut persévérer, ne pas écouter les machos et travailler dur.


Après avoir déambulé dans les longs couloirs tout en discutant, Eleana sort de la galerie, suivi par un Macario écarlate, le souffle court. Le soleil désormais haut dans le ciel réchauffe la grande place et n'arrange pas les affaires du pauvre journaliste.
-" Vous ne prenez rien ?" Questionne-t-il un peu incrédule.
-" Non, ce sera pour la prochaine fois. "
-" Et bien merci pour cette entrevue. "

Le téléphone de la belle sonne dans sa poche.
- " C'était un plaisir. Excusez-moi, c'est ma directrice. "
 
Par Team Fémin-F1 - Publié dans : F1 Fiction
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