Mercredi 16 mai 2007 3 16 /05 /2007 20:20

 
Pourquoi aimer la F1 ?



Généralement, quand une femme (et peut être un homme aussi.. mais là je suis assez mal placée pour en parler…) avoue qu’elle aime la F1, elle voit la bouche de son interlocuteur s’ouvrir… Puis, s’en suit la question fatidique : « mais pourquoi tu aimes la F1 ? ».

Je ne sais pas ce que vous répondez. Peut être avez-vous une réponse toute faite ou une histoire que vous racontez à chaque fois et qui explique le pourquoi du comment. Pour ma part (et j’espère que je ne suis pas la seule dans ce cas), c’est la question qui me met K.O. : j’ai plein de réponses qui se bousculent dans ma tête mais aucune qui ne veut sortir pour donner une explication plausible et intéressante. Et je préfère éviter la réponse « parce que j’aime bien ! » qui fait paraître encore plus bête ! D’autant plus que cette question piège est généralement suivie de cette sentence horrible : « de toute manière, la F1 ce n’est que des voitures qui tournent en rond ! ». Alors là, deux possibilités s’ouvrent devant nous : 1. Jouer la défense, « mais non ! Ce n’est pas vrai ! La F1 c’est plus que ça ! », 2. Jouer l’attaque, « le foot c’est pas mieux ! C’est des hommes qui courent derrière un ballon ! ». Alors, à ce moment-là, je me dis que si je trouvais une VRAIE réponse à la première question, je n’aurais pas à justifier cette sentence.

Bien, réfléchissons ! Pourquoi aimer la F1 ? Un des premiers mots qui me vient à l’esprit quand je pense à la F1, c’est le mot vitesse. Oui mais, c’est quand même une notion assez relative. Enfin, ce que je veux dire par là c’est que vous ne pratiquerez sûrement jamais ce sport (sauf quelques petits chanceux qui, un jour, s’assiéront dans une F1, voire une quelconque monoplace qui ressemble à une F1) alors cette vitesse-là, vous ne la connaîtrez jamais en vraie. La vitesse de la F1, c’est seulement une impression que vous ressentez, c’est une vitesse que vous percevez par la vue, en différé à la TV grâce aux caméras du circuit, voire en direct si vous assistez à un GP. Mais ça reste quand même quelque chose que vous percevez et non que vous vivez. Or, n’importe qui vous dira que le foot c’est génial parce qu’on peut le pratiquer.

aerodynamique-bmw.jpg Cherchons alors une autre explication. En y réfléchissant bien et en songeant à un sondage de la FIA qui doit dater d’environ un an, la F1, c’est aussi le lieu de l’avancée technologique. Les ingénieurs doivent trouver un moyen d’aller toujours plus vite tout en étant toujours plus fiable, cela malgré un règlement de plus en plus restrictif. Ils relèvent chaque semaine un défi incroyable pour récupérer un dixième, deux dixièmes, trois dixièmes au tour. Mais nous aurons rarement l’occasion de l’apprécier réellement, nous ne saurons vraiment que ce que les écuries veulent bien nous dire. Jamais nous nous verrons la différence entre un moteur et son évolution (oui, je sais qu’il ne faut jamais dire jamais….) et même si nous le pouvions, combien comprendrait vraiment la différence ? Pour moi, ce n’est pas là une vraie raison… sauf peut être pour quelqu’un qui fait une école d’ingénieur mais ce n’est pas mon cas !

casse-moteur.jpg


Alors je me dis que, peut-être, tout bêtement, on aime la F1 parce que quelqu’un nous l’a fait aimer. Je suis persuadée que la plupart d’entre vous ont un père, ou une mère, ou un frère, ou une tante, ou un(e) ami(e), ou un je ne sais qui, qui aime la F1 et qui vous a transmis sa passion. J’avoue que j’ai toujours vu mes parents et un de mes frères regardaient les GP le dimanche. Mais ça s’arrêtait là ! Aucun d’eux ne ressentait l’absolu besoin de savoir ce qui se passe en F1 chaque jour de la semaine : les Grand Prix le dimanche, ça leur suffisait amplement. Et puis, oui, ils regardaient la F1, parlaient de F1 mais pourquoi suis-je restée insensible à cela jusqu’à 18 ans ? Pourquoi enfant, ne sautais-je pas de joie à l’idée de regarder un GP ? Bon, en y songeant bien, en 5e, face au sujet de rédaction « vous vous prenez pour quelqu’un, racontez », je me suis bien prise pour Alain Prost (ce qui m’a valu comme commentaire « quelle idée originale ! », vous vous en doutez..)… Donc, il y avait bien un petit germe de passion qui commençait à pousser en moi. Mais, on était bien loin de ma passion actuelle !

Tiens, en creusant un peu cette idée, je songe à un truc. Et si au lieu de penser que c’est à cause de quelqu’un qu’on aime la F1, on se disait plutôt que, parce qu’il y a quelqu’un qui regarde la F1 avec nous, ça décuple notre passion. Je suis sure que la plupart d’entre vous, vous regardez les Grands Prix avec quelqu’un. Et je vous le souhaite, car je trouve qu’il n’y a rien de plus grisant que de pouvoir échanger son point de vue pendant un GP avec quelqu’un d’autre qu’un ami imaginaire, surtout si il ou elle soutient un autre pilote, ou une autre écurie que vous. Alors, c’est la multiplication des petites piques, des petites critiques, le ton monte parfois un peu (mais ça reste toujours très amicale), et vu qu’aucun d’entre nous n’est un fan buté et borné, ça se finit toujours par des éclats de rire… Soit dit en passant, ce que je déteste par-dessus tout, c’est le petit sourire en coin qui en dit plus que n’importe quel commentaire… Cependant, même si pour moi, ces échanges sont importants, on ne peut pas réduire la F1 à cela ! Vous en conviendrez aisément. Mais va-t-on réussir à trouver un argument valable ?

lewis-hamilton.jpg Etant une femme, je me dois de suggérer l’aspect « mais il est trop beau ce pilote ! (Exclamation suivie d’un ou deux gloussements) ». Pour toute personne de sexe féminin ayant entre 15 et 75 ans, cela pourrait devenir un argument acceptable. Mais reconnaissez une chose : quand un pilote courre, il est casqué. Donc, on ne voit plus son visage… Et même si certains casques sont très beaux à voir, ce n’est pas le cas de tous. Conclusion : on jette l’argument à la poubelle. Je jette par la même occasion celui des hommes et des pit-babes (parce qu’elles ne sont pas sur la piste pendant la course…).

Nous revoilà à la case départ. Lançons le dé et avançons sur ce petit jeu de l’oie pour arriver à une nouvelle case : et si nous aimions la F1 simplement pour son esprit de compétition. Car après tout, la F1, c’est quoi ? Des pilotes qui se battent pour remporter un titre. Alors, on les suit pendant les courses : les efforts qu’ils font pour pousser leur monoplace au bout, la capacité qu’ils ont (ou pas) à patienter quelques tours avant de doubler sans s’envoyer dans le gravier,… On les suit hors course aussi : les petites déclarations qu’ils s’envoient les uns aux autres via les médias. (Bon, je sais, sur ce point, pas besoin d’en faire un paragraphe : la plupart des déclarations des pilotes sont assez insipides… oui mais pas toutes !). Et même si ça ne passionne pas tout le monde de connaître les dernières frasques de Raikkonen ou quel est le nom de la dernière copine de Jenson Button, pour ma part, (et sans que ça sombre dans du voyeurisme) je trouve que ça leur donne un coté humain (beaucoup plus humain pour certains…). Un coté humain qu’ils n’ont pas forcément quand ils sont en piste, dans leur monoplace où ils ressemblent davantage à des E.T. qu'à des hommes comme vous et moi (enfin plus comme vous que comme moi... je ne suis pas homme !). Je m’éloigne de mon sujet là… Esprit de compétition oui. Mais cela ne différencie pas la F1 du GP2, du rallye, ou de n’importe quel autre sport auto. Mais je crois qu’on a, quand même, fait un pas dans la bonne direction.

J’en arrive à une autre idée : est ce que la F1 ne m’attire pas à ce point parce que je soutiens un pilote ? Je sais que certains regardent la F1 sans considération des pilotes ou des écuries : que ce soit McLaren ou Ferrari qui gagne, cela les importe peu. Il regarde… pourquoi ? La beauté du spectacle et tout ce qu’on a pu évoquer précédemment. Mais ici, je veux parler de ceux qui ont déjà été en colère parce que « leur » pilote avait raté sa qualif, de ceux qui ont fait la fête lors de l’une de ses victoires… Je me pose une question : serai-je à ce point aujourd’hui fan de F1, si en 2003 Alonso n’avait pas été en F1 ? Je vous rassure de suite : je ne suis pas une fan butée et têtue qui pense que « son » pilote a toujours raison et que les autres ont toujours tort. Je sais reconnaître le talent en chacun des pilotes (ou presque.. parce que certains, faut pas exagérer non plus ! Ne me demander pas l’impossible !!!) mais c’est vrai que pour Alonso, il y a toujours eu ce petit, ou plutôt ce gros, voire énorme plus ! Ce truc qui me fait stressée lors du départ (je vous assure : c’est ridicule…), qui me fait enrager quand il n’est pas en tête (quoique depuis l’apparition de Phénomène Hamilton, j’enrage un peu moins…), qui me fait bondir de joie quand il gagne. Vous savez, ce truc qui vous prend aux tripes (pardonnez moi l’expression) et qui vous fait dire : « wouah la F1, c’est un truc hors du commun ! ».

fans-gp.jpg

Je me dis aussi que si chaque fan de F1 ne regardait la F1 que pour son pilote, ça serait mortel. Imaginez sur un GP : tous les supporters sont réunis mais ne communiquent qu’avec ceux qui soutiennent leur pilote ! Ca serait ridicule (autant que d’en arriver aux mains…). Ca me rappelle une petite anecdote. Situation : on est le dimanche du GP de France 2005. Les tribunes sont bondées en particulier l’enceinte la moins chère du circuit… où je me trouve bien entendu, la tribune Renault étant trop chère pour la pauvre étudiante que je suis ! Me suis-je retrouvée entourée de fans de Renault ? Heureusement non ! J’ai pu discuter avec un gars à coté de moi, fan de Ferrari, et je crois qu’on en est arrivé à se dire que ce qui était bien en F1, c’est que des gens qui soutiennent des pilotes et des écuries différentes parviennent à échanger, à parler sport, à rigoler sans pour autant s’étriper et se frapper. Bien sûr, je ne dis pas qu’il n’existe pas en F1, des supporters bornés, prêts à tout pour défendre leur bébé… Il y en a dans tous les sports. Mais, ce que je retiens de la F1, c’est cette esprit bon enfant, cet esprit souvent plein d’humour. Je suis sure que ça vous arrive (et ne dites pas le contraire sinon je vais commencer à croire que je suis folle !) d’imaginer ce que pense un pilote dans sa monoplace au moment où il se fait doubler, ou au moment où il est train de se faire doubler… Ou mieux, vous avez trouvé la photo d’un pilote sur le net et vous vous imaginez ce qu’il était en train de penser à ce moment précis pour tirer une telle tête et tiens, mais qui pointe-t-il du doigt ainsi ? Reconnaissez-le, une approche hyper sérieuse de la F1 serait mortelle… Il suffit de voir le bol d’air frais qu’ont apporté les communiqués de presse de Red Bull et Toro Rosso…

Je commence à être un peu longue… Surtout que cette réflexion pourrait durer encore longtemps. J’ai dû oublier de parler de tellement de choses… mais j’en ai déjà évoqué beaucoup. Et pourtant, j’ai l’impression de ne pas avoir beaucoup avancé ! Je n’ai toujours pas ma phrase choc en réponse à « pourquoi aimes-tu la F1 ? ». Peut-être que vous pourrez m’en suggérer une… Sinon, ce n’est pas grave : je continuerais à répondre « parce que c’est un sport formidable ». Le genre de réponse qui dit tout et rien en même temps. Parce que je crois une chose : une passion pour la F1 ne peut s’expliquer en une phrase, c’est un tout, fait de petites choses qui paraissent insignifiantes mais qui ensemble ont une force inouïe. Je pense qu’on ne peut se rendre compte de ce qu’est la passion pour la F1 que lorsqu’on a vu un GP en compagnie d’un fou de ce sport, qu’on a vu son regard s’allumer quand les monoplaces sont sur la piste, qu’on l’a vu applaudir après un dépassement. Bref, me revoilà au point de départ… ou presque!
Par Priss - Publié dans : Fémin-F1 ?
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